Libye : La France renonce à la livraison controversée de bateaux aux garde-côtes

LIBYE « La situation en Libye ne permet pas de réaliser ce don d’embarcations », selon le ministère des Armées

20 Minutes avec AFP

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Des migrants devant un navire des gardes-côte à Khoms, en Libye, le 1er octobre 2019.
Des migrants devant un navire des gardes-côte à Khoms, en Libye, le 1er octobre 2019. — Hazem Ahmed/AP/SIPA

La France a renoncé à la livraison controversée de six navires à la Libye pour renforcer le contrôle de ses côtes, en raison de « la situation » dans le pays, a-t-on appris lundi de sources concordantes. Le don de ces six embarcations rapides, des semi-rigides Sillinger de 12 mètres, avait été annoncé par la ministre française des Armées Florence Parly en février.

« Si la cession a été un temps envisagée au bénéfice de la Libye, la ministre a finalement décidé de ne pas livrer les embarcations à cet Etat », écrit le 26 novembre le ministère des Armées dans un mémoire envoyé à la Cour administrative d’appel de Paris, saisie par huit ONG qui demandaient l’annulation de cette livraison.

« Ainsi, les conclusions à fin d’annulation de la décision du ministère des Armées (…) ont perdu leur objet », peut-on encore lire dans ce document dont l’AFP a obtenu copie. « La situation en Libye ne permet pas de réaliser ce don d’embarcations », a confirmé le ministère des Armées.

Cela aurait fait de la France « la complice des crimes sur les migrants »

Plongé dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, le pays est actuellement secoué par le conflit armé entre les forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est, et son rival installé à Tripoli, le Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU.

La décision de ne pas livrer les embarcations constitue « une victoire importante » obtenue « grâce à la pression publique » et doit « marquer un tournant dans les relations de la France avec la Libye en matière de politique migratoire », a réagi Lola Schulmann, chargée des questions migratoires chez Amnesty International, une des ONG qui avaient saisi la justice administrative en avril.

« Nous nous félicitons de l’abandon de cette initiative qui aurait fait de la France la complice officielle des crimes commis sur les personnes migrantes et réfugiées en Libye », ont salué les huit ONG, dont Médecins sans frontières et la Ligue des droits de l’homme, dans un communiqué commun lundi. Elles demandent désormais à Paris de poser « des conditions strictes à toute coopération bilatérale et européenne avec la Libye afin que les droits et la sécurité » des migrants « soient garantis et respectés ».