Procédure « d’impeachment » contre Trump : La Maison Blanche refuse de participer à une audition

ETATS-UNIS Le président américain avait laissé entendre sur Twitter qu'il était prêt à témoigner devant le Congrès

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump en meeting à Sunrise (Floride), le 26 novembre 2019.
Donald Trump en meeting à Sunrise (Floride), le 26 novembre 2019. — Susan Walsh/AP/SIPA

L’avocat du président américain Donald Trump a annoncé dimanche le refus de la Maison Blanche de participer à une audition à la Chambre des représentants sur la procédure de destitution lancée dans l’affaire des pressions sur l’Ukraine.

« On ne peut légitimement attendre de nous que nous participions à une audition alors que les noms des témoins n’ont pas été rendus publics et qu’il reste douteux que la commission judiciaire offrira au président une procédure équitable grâce à des auditions supplémentaires », a affirmé l’avocat de la Maison Blanche, Pat Cipollone, dans une lettre au président de cette commission, Jerry Nadler, qui l’avait convié à venir mercredi.

« Mais si vous êtes vraiment décidé à superviser une procédure équitable à l’avenir, nous pourrions envisager de participer » à la suite de vos travaux, ajoute l’avocat, en dénonçant de « profondes lacunes procédurales » qui violent selon lui les droits de Donald Trump.

« Trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs »

Pendant deux mois, la commission judiciaire de la Chambre des représentants a mené l’enquête pour déterminer si le président avait abusé de ses pouvoirs pour favoriser sa campagne de réélection, notamment en gelant une aide militaire de près de 400 millions de dollars destinée à ce pays en guerre avec la Russie.

Malgré le refus de la Maison Blanche de coopérer, elle a entendu une quinzaine de témoins qui ont fourni des éléments gênants pour le président. Elle doit transmettre mardi son rapport d’enquête à la commission judiciaire, qui est elle chargée de qualifier juridiquement les faits reprochés au chef de l’Etat. « La question est de savoir s’ils constituent un acte de "trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs" », a relevé l’élue démocrate Zoe Lofgren, en référence aux motifs de destitution cités dans la Constitution des Etats-Unis.

Un vote pourrait avoir lieu avant Noël

Tenu à l’écart de la phase d’enquête, Donald Trump a été invité à se défendre dans cette nouvelle étape. Jerry Nadler, le président de la commission judiciaire lui avait laissé jusqu’au vendredi 6 pour faire connaître ses intentions sur la suite de ses travaux. « Le président doit faire un choix : il peut saisir cette opportunité d’être représenté dans les auditions ou il peut arrêter de se plaindre », avait ajouté l’élu de New York, un adversaire de longue date du magnat de l’immobilier. Même dans les rangs républicains, l’idée séduisait. « Je pense que ça servirait le président d’avoir ses avocats », déclarait dimanche le représentant Tom McClintock.

La commission judiciaire devrait débattre d’au moins quatre chefs d’accusations : abus de pouvoir, corruption, entrave à la bonne marche du Congrès et entrave à la Justice. Les républicains semblent prêts à tous les balayer. « Soyez prêts pour un spectacle sans substance » a estimé Doug Collins, l’élu chargé de mener la contre-attaque. Pour lui, le président « n’a rien fait de mal ». Une fois rédigés, les articles seront soumis à un vote en séance plénière à la chambre basse du Congrès, peut-être avant Noël.

Compte tenu de la majorité démocrate dans cette enceinte, Donald Trump devrait entrer dans les livres d’histoire comme le troisième président américain mis en accusation, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, tous deux acquittés par la suite. Richard Nixon avait démissionné avant cette étape, en 1974. Le Sénat sera ensuite chargé de juger le président, et il faudrait une majorité des deux tiers pour le destituer, ce qui paraît très improbable. Les républicains sont en effet majoritaires et, pour l’instant, ils font bloc autour de leur président.