Irak : Le Parlement accepte la démission du gouvernement

MANIFESTATIONS Des scènes de liesse avaient suivi l’annonce de la démission du Premier ministre

J.-L.D. avec AFP

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Les manifestations en Irak ont eu raison du gouvernement
Les manifestations en Irak ont eu raison du gouvernement — Zaid AL-OBEIDI / AFP

Le Parlement irakien a accepté dimanche la démission du gouvernement d’Adel Abdel Mahdi, le chef de l’Assemblée indiquant qu’il allait désormais demander au président de la République de désigner un nouveau Premier ministre. 

Ce vote intervient deux jours après que Adel Abdel Mahdi a annoncé son intention de démissionner, aussitôt après que le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité chiite du pays, a réclamé son remplacement à l’issue de deux mois de manifestations endeuillées par plus de 420 morts et des violences qui se poursuivent toujours ce dimanche.

En attendant, Abdel Mahdi (77 ans), un indépendant sans base partisane ni populaire arrivé au pouvoir il y a 13 mois, reste à son poste pour gérer les affaires courantes.

Dans le même temps, la mobilisation populaire contre le pouvoir et son parrain iranien se poursuit, dans le sud chiite mais aussi dans le nord sunnite, jusqu'ici resté à l'écart, après un déchaînement de violence ces derniers jours.

Policier condamné à mort

Dimanche, pour la première fois en deux mois de manifestations endeuillées par plus de 420 morts et des milliers de blessés, un officier de police a été condamné à mort pour avoir tué deux manifestants à Kout, au sud de Bagdad.

Les autorités, qui accusent depuis le 1er octobre «des tireurs non identifiés» de viser indifféremment manifestants et forces de sécurité, a reconnu par endroits un «usage excessif de la force».

Elles ont aussi limogé en quelques heures un militaire qu'elles avaient dépêché pour «restaurer l'ordre» à Nassiriya, la ville d'origine de M. Abdel Mahdi, mais qui y a ouvert les portes du chaos jeudi.