Irak : Un manifestant tué à Bagdad, des dizaines blessées dans le sud du pays

PROTESTATION Les manifestants réclament depuis deux mois la refonte du système politique et le renouvellement total de leur classe dirigeante qu’ils jugent corrompue et incompétente

20 Minutes avec AFP
— 
Des affrontements entre manifestants et forces de police ont éclaté à Bagdad, en Irak, le 25 novembre 2019.
Des affrontements entre manifestants et forces de police ont éclaté à Bagdad, en Irak, le 25 novembre 2019. — AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Le mouvement de protestation continue à Bagdad, en Irak, où le cœur historique et commerçant est devenu champ de bataille. Un manifestant a été tué dans les affrontements, ce mardi, et des dizaines d’autres ont été blessés dans le sud du pays, ont annoncé des médecins.

Les manifestants réclament la refonte du système politique et le renouvellement total de leur classe dirigeante qu’ils jugent corrompue et incompétente. Ils s’en prennent également au grand voisin iranien qu’ils accusent de tirer les ficelles chez eux. Le mouvement de protestation, qui a débuté il y a deux mois et qui a déjà fait 350 morts, a gagné des villes jusqu’ici cantonnées aux rassemblements festifs et autre désobéissance civile pacifique, dans le sud du pays.

Des champs pétroliers bloqués

Un manifestant est décédé à l’hôpital, quelques heures après avoir été touché par des tirs de balles en caoutchouc des forces de l’ordre, ont indiqué des médecins. En travers des principaux axes du pays, des manifestants brûlent des pneus.

Dans la province de Zi Qar, ils essayent de frapper le pouvoir au seul endroit qui peut lui faire mal, ses ressources en pétrole, unique source de devises du pays. Ils bloquent déjà les accès à trois champs pétroliers – Garraf, Nassiriya et Soubba, dont la production atteint 200.000 barils par jour. Treize policiers chargés de protéger Garraf ont été blessés dans les affrontements, de source policière, mais l’extraction d’or noir se poursuit.

Des violences nuit et jour

A Diwaniya, les manifestants empêchent les employés d’accéder à l’une des trois centrales électriques de la province, à des ponts et des routes menant vers Najaf à l’ouest et Samawa au sud. D’autres villes du sud, où la contestation avait jusque-là un caractère bon enfant, ont été à leur tour gagnées par les violences.

A Al-Hilla, dans la province de Babylone au sud de Bagdad, une soixantaine de manifestants ont été blessés par des tirs de grenades lacrymogènes dans des heurts, selon des médecins. A Kerbala, où les violences sont particulièrement intenses, manifestants et policiers se jettent des cocktails Molotov. D’habitude, ces échanges se déroulent la nuit dans la ville sainte chiite, mais depuis aujourd’hui, ils continuent de jour.