Obama-McCain, pourquoi rien n'est joué?

USA 2008 Malgré la nette avance de Barack Obama dans les sondages, John McCain peut encore gagner la course à la Maison Blanche...

Maud Descamps

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La campagne présidentielle précédant le scrutin du 4 novembre aura été la plus longue et la plus chère de l'histoire des Etats-Unis, avec un niveau de dépenses record, rendu possible par la collecte par les candidats de plus de 1,3 milliard de dollars.
La campagne présidentielle précédant le scrutin du 4 novembre aura été la plus longue et la plus chère de l'histoire des Etats-Unis, avec un niveau de dépenses record, rendu possible par la collecte par les candidats de plus de 1,3 milliard de dollars. — Justin Sullivan AFP/Archives

A deux semaines du scrutin présidentiel américain, le républicain John McCain peut-il encore espérer être élu à la tête des Etats-Unis? A en croire les sondages publiés dernièrement dans la presse américaine, il semblerait que Barack Obama bénéficie d'une très nette avance sur son adversaire. Le «Wall Street Journal» donnait , mardi, 10 points d'avance au démocrate.

Une grande incertitude autour d'une élection atypique

Mais l'incertitude quant à l'issue du scrutin demeure. «Les sondages sont un instantané, reflétant les intentions de votes à un moment donné. Ces intentions peuvent encore changer dans les jours qui arrivent», explique Olivier Richomme, spécialiste des Etats-Unis. Et le pays en a déjà fait l'expérience.

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En 2004, à deux semaines du vote, le démocrate John Kerry devançait George Bush. Pourtant c'est ce dernier qui a été élu contre toute attente. Sans le dire, John McCain croit pouvoir compter sur ce qu'on appelle «l'effet Bradley». En 1982, Tom Bradley, qui guignait le poste de gouverneur de Californie, était donné vainqueur par tous les sondages. Il fut battu. Il était noir. Nombre de sondés n'avaient pas osé dire qu'ils ne voteraient jamais pour un noir.

Un effet d'annonce qui influence le vote

L'effet d'annonce peut également jouer en faveur du candidat républicain. D'un côté, certains électeurs démocrates, voyant qu'Obama est en tête, peuvent décider de ne pas aller voter pensant que la victoire est déjà acquise; d'un autre côté «certains républicains inquiets de voir Obama en tête peuvent faire le déplacement aux urnes, alors qu'ils ne votent pas habituellement», précise Olivier Richomme.

De plus, il est difficile de savoir exactement combien de citoyens iront voter. Contrairement à la France, dans certains Etats, les Américains peuvent «s'inscrire jusqu'au dernier moment sur les listes électorales», souligne Olivier Richomme, par conséquent les données publiées par les instituts de sondages restent tout à fait relatives.

Un changement de stratégie pour McCain?

Si Barack Obama gagne du terrain, il n'est pas encore trop tard pour que le camp républicain recentre sa campagne et réduise l'écart dans les sondages. Vivement critiqué pour la tournure agressive prise ces dernières semaines, John McCain va devoir repenser sa stratégie de communication pour les treize jours restant avant le scrutin…

Olivier Richomme est maître de conférence à Lyon en civilisation américaine et l'auteur de «L'Amérique d'Obama» publié chez Demopolis.