Le chapeau d’Hitler donné à une fondation juive après une vente aux enchères controversée

DONATION Le propriétaire aurait préféré brûler ces reliques, mais « les historiens pensent qu’il faut les garder pour la mémoire collective », a-t-il déclaré

20 Minutes avec agences

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Adolf Hitler, portant un chapeau (illustration).
Adolf Hitler, portant un chapeau (illustration). — MARY EVANS/SIPA

Un homme d’affaires libanais, installé en Suisse, va offrir à une fondation israélienne un chapeau haut de forme et d’autres objets ayant appartenu à Adolf Hitler. Il défend une démarche totalement « apolitique et neutre ».

Abdallah Chatila, qui a fait fortune dans les diamants et l’immobilier, a remporté ces objets lors d’une vente aux enchères controversée à Munich (Allemagne). Il a « souhaité acheter ces objets pour qu’ils ne soient pas utilisés à des fins de propagande néonazie », a-t-il déclaré au Matin Dimanche.

Garder la mémoire collective et lutter contre les néonazis

« Dans un monde cynique, un tel acte de gentillesse, de générosité et de solidarité nous a bouleversés », a déclaré le rabbin Menachem Margolin, président de l’Association juive européenne, dans un communiqué diffusé ce dimanche. Lors de la vente, organisée ce mercredi, l’homme d’affaires a déboursé 545.000 euros pour dix lots.

Outre le chapeau d’Hitler, Abdallah Chatila a acheté sa boîte à cigares, sa machine à écrire et une édition de luxe de Mein Kampf ayant appartenu au dirigeant nazi Hermann Goering. « Le populisme d’extrême droite et l’antisémitisme sont en train d’avancer dans toute l’Europe et dans le monde », a-t-il déclaré. Selon lui, « il faudrait brûler » ces reliques, mais « les historiens pensent qu’il faut les garder pour la mémoire collective ».

La vente aux enchères avait suscité un tollé en Allemagne, notamment dans la communauté juive. Le rabbin Margolin avait rappelé que l’Allemagne était en « tête en Europe pour ce qui concerne le nombre d’incidents antisémites signalés » et réclamé que les maisons d’enchères soient obligées de divulguer les noms d’acheteurs d’objets nazis pour être surveillés.