Bolivie : Le ministre de l’Intérieur accuse Evo Morales de « terrorisme »

CRISE Dans un enregistrement audio, Evo Morales aurait incité ses partisans à mettre en place des blocages autour de La Paz

20 Minutes avec AFP

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Arturo Murillo, le ministre de l'Intérieur bolivien, lors d'une conférence de presse à La Paz, le 20 novembre 2019.
Arturo Murillo, le ministre de l'Intérieur bolivien, lors d'une conférence de presse à La Paz, le 20 novembre 2019. — JORGE BERNAL / AFP

Le gouvernement par intérim de Bolivie a accusé, ce vendredi, l'ex-président Evo Morales, en exil au Mexique, de « sédition et de terrorisme », pour avoir incité ses partisans à mettre en place des blocages autour de La Paz dans un enregistrement diffusé par les autorités.

« Nous demandons la peine maximale pour sédition et terrorisme », a déclaré le ministre de l’Intérieur Arturo Murillo à la sortie du parquet, où il venait de déposer plainte.

Une plainte devant les instances internationales

Dans la matinée de mercredi, le ministre de l’Intérieur avait diffusé devant la presse l'enregistrement d'une conversation téléphonique qu’il a présentée comme étant celle d’Evo Morales s’adressant à un leader du mouvement de protestation.

« Ne laissez aucune denrée alimentaire dans les villes, nous allons tout bloquer et encercler » les villes, dit la voix que Arturo Murillo attribue à l’ancien président. Cet ordre, a poursuivi le ministre, « est un crime contre l’humanité ». « Dans les prochaines heures, nous allons porter plainte devant les instances internationales », a-t-il averti.

Les partisans d’Evo Morales toujours mobilisés

Une pénurie d’aliments se fait sentir dans les magasins et les restaurants de La Paz en raison des blocages de routes qui mènent aux régions agricoles de la Bolivie, dans le centre et l’est du pays.

Evo Morales, premier président indigène de Bolivie, a démissionné le 10 novembre​ sous la pression de manifestations de l’opposition et après avoir été lâché par l’armée. Il est ensuite parti en exil au Mexique. Depuis la démission d’Evo Morales, ses partisans manifestent quotidiennement dans les rues de La Paz et dans certaines villes de province.