Colombie: Des dizaines de milliers de manifestants contre le gouvernement conservateur

CONTESTATION Plus d’un million de personnes selon les organisateurs, et 207.000 d’après la police, ont protesté contre la politique libérale et de sécurité du président Ivan Duque

20 Minutes avec AFP
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La manifestation à Bogotá le 21 novembre 2019.
La manifestation à Bogotá le 21 novembre 2019. — Ivan Valencia/AP/SIPA

Même si elles n’ont pas de dénominateur commun, les crises sociopolitiques se rependent en Amérique latine. Apres les événements en Equateur, puis au Chili et en Bolivie, c’est au tour de la Colombie d’être touchée par une vague de contestations. Les Colombiens sont ainsi descendus dans la rue par dizaines de milliers jeudi pour protester contre la politique très impopulaire du président de droite Ivan Duque.

Les étudiants, les indigènes et les syndicats main dans la main

A la grève et aux marches convoquées par des syndicats de travailleurs se sont joints les étudiants, les indigènes, mais aussi des organisations de défense de l’environnement et de l’opposition. « Il y a une accumulation de situations que nous espérons voir révisées après cette journée, y compris par un grand dialogue national de concertation », a déclaré le président de la Confédération générale du travail.

Les porte-parole de plusieurs organisations à l’origine du mouvement ont indiqué que plus d’un million de personnes avaient défilé dans les principales villes du pays. De son côté, la ministre de l’Intérieur, Nancy Patricia Gutierrez, a fait état d’un total de près de 207.000 manifestants en milieu d’après-midi, ajoutant qu'« en termes généraux les participants ont marché de manière pacifique ». Toutefois, la police a effectué huit arrestations dans différentes villes et le maire de Cali a décrété le couvre-feu. Dans la capitale, des milliers d’étudiants, qui voulaient marcher vers l’aéroport international, ont été interceptés par la police anti-émeute qui a fait usage de grenades assourdissantes.

Flexibiliser le marché du travail

La question est donc maintenant de savoir si le mouvement va perdurer comme dans les pays voisins. « Cette grève est programmée pour 24 heures, mais si le gouvernement ne se prononce pas quant aux revendications des manifestants, beaucoup d’entre nous la maintiendrons de manière indéfinie », a averti Oscar Romero, responsable de la Centrale unitaire des travailleurs, l’un des principaux syndicats.

Outre une politique de sécurité focalisée sur la lutte anti-drogue, les organisateurs du mouvement de jeudi dénoncent des velléités du gouvernement de flexibiliser le marché du travail, d’affaiblir le fonds public des retraites en faveur d’entités privées, et de reculer l’âge de la retraite. Les étudiants réclament en outre des moyens pour l’enseignement public, et les indigènes des mesures de protection suite à l’assassinat de 134 d’entre eux depuis l’arrivée d’Ivan Duque au pouvoir en août 2018.