La France accueille 27 femmes yézidies et leurs enfants, victimes de Daesh

IRAK Il s’agissait du dernier groupe des 100 femmes yézidies accueillies en France dans le cadre d’un programme mis en place en 2018

20 Minutes avec AFP

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Des réfugiés yazidis dans un centre de réfugiés à Diyarbakir, en Turquie, le 3 janvier 2017.
Des réfugiés yazidis dans un centre de réfugiés à Diyarbakir, en Turquie, le 3 janvier 2017. — ILYAS AKENGIN / AFP

Dans le cadre d’un programme d’accueil mis en place fin 2018, vingt-sept femmes yazidies et leurs enfants, victimes en Irak du groupe État islamique (EI), sont arrivées à l’aéroport Charles-de Gaulle, ce mercredi.

Il s’agissait du dernier groupe des 100 femmes yazidies accueillies en France dans le cadre du programme. Emmanuel Macron s’était engagé auprès de Nadia Murad, Prix Nobel de la paix 2018 et elle-même ancienne victime de Daesh.

« Ce que nous avons vécu ces cinq dernières années est inimaginable »

« Vous êtes les bienvenus en France ! Vous allez voir, progressivement vos enfants vont aller à l’école, vous allez vous faire des amis (…) Soyez chez vous », a déclaré le directeur du Centre de Crise du Quai d’Orsay, Eric Chevallier, à leur descente d’avion en provenance d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. Les femmes, le regard parfois perdu, étaient accompagnées d’enfants souvent en bas âge, pour certains endimanchés, portant costume et cravate, comme pour mieux marquer l’instant présent. Des adolescents étaient aussi du voyage.

« Ce que nous avons vécu ces cinq dernières années est inimaginable. Aujourd’hui la France nous a ouvert les bras, nous ne pouvons qu’être reconnaissants », a raconté Turko, une jeune mère de famille de 30 ans. « La première chose que nous voudrions faire, c’est apprendre la langue, envoyer nos enfants à l’école, apprendre la culture française. Après, ce sont nos enfants qui décideront ce qu’ils veulent faire de leur vie », a-t-elle ajouté.

Une minorité persécutée depuis 2014

Pour Giovanni Cassani, responsable de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Erbil, qui a fait le voyage avec les familles, « il y a beaucoup d’attentes », « d’un côté la difficulté de quitter leur pays d’origine, leur famille, leur village mais d’un autre aussi l’excitation de recommencer une nouvelle vie dans un nouveau pays et avec plein d’opportunités ».

Vivant dans les coins reculés des montagnes du Kurdistan irakien, dans le nord de l’Irak, les Yézidis sont une minorité kurdophone adepte d’une religion ésotérique monothéiste. En août 2014, leur sort a basculé lorsque l’EI s’est emparé d’un tiers de l’Irak, notamment du foyer historique des Yazidis sur les monts Sinjar. Les djihadistes ont tué des hommes, transformés en enfants-soldats les plus jeunes et condamné des milliers de femmes aux travaux forcés et à l’esclavagisme sexuel.