Le Lancement du beaujolais nouveau au Japon s'accompagne aussi d'un bain particulier, comme ici en novembre 2018 dans un spa d'Hakone, à 100 km de Tokyo.
Le Lancement du beaujolais nouveau au Japon s'accompagne aussi d'un bain particulier, comme ici en novembre 2018 dans un spa d'Hakone, à 100 km de Tokyo. — Pierre Emmanuel Deletree//SIPA

DECOUVERTE

Pourquoi le beaujolais nouveau déclenche-t-il toujours une telle passion au Japon ?

Un tiers de la production totale de beaujolais nouveau a été exportée au Japon, qui organise de nombreuses célébrations ce jeudi 

  • Depuis les années 1980, le Japon est amateur de beaujolais nouveau. Cinq millions de bouteilles y ont ainsi été importées cette année.
  • D’après Adrien Duboeuf-Lacombe, directeur export des vins Georges Duboeuf, « les Japonais recherchent avant tout un produit très fruité et léger ».
  • De nombreuses soirées festives sont organisées ce jeudi, notamment à Tokyo.

Ce jeudi, les Japonais vont profiter des huit heures de décalage horaire pour découvrir en premier le millésime 2019 du  beaujolais nouveau. Fidèles parmi les fidèles au breuvage rhodanien depuis les années 1980, ils seront encore des milliers à sortir entre amis à cette occasion. Le pays du soleil levant vient ainsi de recevoir plus de cinq millions de bouteilles de beaujolais nouveau cette année, ce qui en fait encore une fois le premier pays importateur, très loin devant les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et la Suisse.

« Il faut bien comprendre que les Japonais consomment très peu de vin, environ trois litres par an par habitant, contre plus de 50 litres en moyenne en France, indique depuis Tokyo, Adrien Duboeuf-Lacombe, directeur export des vins Georges Duboeuf. Pourtant, et comme chaque année, tous les supermarchés et restaurants sont en ébullition depuis plusieurs jours. »

Un groupe de jeunes Japonaises participent à une soirée consacrée à la sortie du beaujolais nouveau, en novembre 2017 à Tokyo.
Un groupe de jeunes Japonaises participent à une soirée consacrée à la sortie du beaujolais nouveau, en novembre 2017 à Tokyo. - Masanori Inagaki/AP/SIPA

« Ça m’a surpris de voir à quel point ce vin a une excellente image ici »

Comment s’explique une telle connexion entre le beaujolais nouveau et le Japon, où un spa s’est même rendu célèbre depuis une dizaine d’années en proposant un bain (onsen) en partie rempli du primeur du Rhône ? « On sent que ce rendez-vous fait partie des grosses fêtes de l’année à Tokyo, confie Mathieu, guide et photographe vivant depuis quatre ans dans la capitale nippone. Au début, ça m’a surpris de voir à quel point ce vin a une excellente image ici. Il faut dire que je ne m’attendais pas à boire un jour un aussi bon beaujolais nouveau. Il faut croire qu’ils importent le plus haut de gamme. »

Une bouteille se vend d’ailleurs à 16 euros au Japon, contre environ la moitié sur le marché français, même si la différence s’explique surtout par le coût du fret aérien et par la présence d’intermédiaires. « Ici, les vins riches et boisés ne sont pas recherchés, estime Adrien Duboeuf-Lacombe. Les gens veulent avant tout un produit très fruité et léger. Et puis, ils sont sensibles au côté saisonnier de cette fête, qui s’inscrit au calendrier entre Halloween et Noël. »

Orangina adapte une publicité à la sortie du beaujolais nouveau

Si bien que près d’un tiers de la production totale de beaujolais nouveau est arrivée au Japon ces dernières semaines, et qu'elle s’accompagne de multiples événements organisés ce jeudi. Tokyo international forum, parcs d’attractions, boîtes de nuit, le Japon n’est pas loin de chanter la Marseillaise tant il met encore à l’honneur le primeur.

Y compris au cœur d’une campagne de publicité d’Orangina, qui a lancé une collection spéciale « blanc nouveau » et « rouge nouveau ». Tokyo n'a jamais été aussi proche de Brouilly.