Hong Kong : Les égouts, l’ultime échappatoire pour les manifestants retranchés dans le campus

CONTESTATION Des dizaines de manifestants pro-démocratie sont retranchés depuis ce week-end sur un campus de Hong Kong, bravant les appels des autorités à se rendre

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants pro-démocratie ont tenté de s'enfuir par les égouts à Hong Kong pour échapper aux policiers.
Des manifestants pro-démocratie ont tenté de s'enfuir par les égouts à Hong Kong pour échapper aux policiers. — ANTHONY WALLACE / AFP

Pour échapper aux policiers antiémeutes, des manifestants pro-démocratie ont tenté de fuir une université de Hong Kong, où ils sont retranchés, par les égouts, ont rapporté des journalistes de l’AFP présents sur place.

Les manifestants sont retranchés dans l’Université polytechnique (PolyU), bastion de la contestation cerné par les policiers antiémeutes, depuis dimanche.

Plus d’une trentaine de manifestants arrêtés

Pour échapper à une arrestation pour participation à une émeute, punie par 10 ans de prison, les contestataires tentent une périlleuse évasion. Ils s’enroulent les bras et les genoux d’épais bandages de film alimentaire, en prévision de la difficile progression à quatre pattes qui les attend. Des journalistes de l’AFP ont aperçu un groupe de manifestants s’entraîner à ramper. D’autres, abandonnant finalement l’idée, serraient dans leur bras les candidats à l’aventure. « Les gens à l’extérieur ne peuvent pas nous aider », a déclaré mardi un manifestant à une télévision locale. « Alors qu’est-ce qu’on peut faire d’autre ? »

Déjà lundi soir, des dizaines de protestataires avaient réussi à s’enfuir en descendant d’une passerelle au moyen de cordes, avant d’être récupérés sur la voie rapide en contrebas par une nuée de motos et de scooters. La police a déclaré avoir arrêté 37 de ces manifestants ou de leurs complices à deux roues. Mais un grand nombre d’autres ont semble-t-il échappé aux forces de l’ordre. Plus tôt lundi, des centaines de protestataires avaient tenté de s’enfuir en courant. Quelques-uns avaient réussi. Mais d’autres ont été interceptés par la police, certains frappés à coups de pied ou de matraque.

« La liberté ou la mort »

Mardi, 20 manifestants ont également pu échapper à la vigilance des forces de l’ordre après s’être réfugiés dans un bâtiment proche du campus. « Je risque 10 ans de prison si je suis condamné pour émeute », a déclaré Issac, 17 ans, l’un des évadés. « Mais si j’arrête de manifester, c’est ma vie entière que je passerais dans une prison, plus grande celle-là », dit-il en référence à la société hongkongaise. Sur le campus, le désespoir a gagné les manifestants avec l’épuisement des stocks d’eau, de nourriture, et les craintes d’assaut de la police.

« La liberté ou la mort », proclame un message tagué sur l’entrée en verre d’un bâtiment, dans lequel une épicerie a été pillée et un distributeur automatique de billets réduit en morceaux. Des amas de chaises, de tables, de bouteilles à cocktails Molotov, de tapis ou de poubelles sont dispersés un peu partout. Et les murs sont noircis par les flammes des incendies qui se sont déclarés sur le campus. Un noyau dur de protestataires radicaux reste toujours retranché dans la PolyU. Malgré les avertissements de la police, laquelle a prévenu qu’elle tirera à balle réelle si elle est la cible d’armes létales.