VIDEO. Hong Kong : Fuite spectaculaire de dizaines de manifestants assiégés par la police

HONG KONG Retranchés dans l’Université polytechnique, actuel bastion de la contestation, ces protestataires sont descendus en rappel d’une passerelle

20 Minutes avec AFP

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Un manifestant descend en rappel d'une passerelle pour fuir le siège du campus de l'Université polytechnique par la police, à Hong Kong le 18 novembre 2019.
Un manifestant descend en rappel d'une passerelle pour fuir le siège du campus de l'Université polytechnique par la police, à Hong Kong le 18 novembre 2019. — AFP

Des dizaines de manifestants hongkongais assiégés par la police dans un campus ont réussi lundi soir à s’enfuir, après une nouvelle menace d’intervention de Pékin pour régler la crise politique dans le territoire autonome du sud de la Chine.

Retranchés dans l’Université polytechnique (PolyU), actuel bastion de la contestation, ces protestataires sont descendus en rappel d’une passerelle, puis ont été récupérés sur une route en contrebas par des personnes à moto. Les heurts se sont poursuivis dans la nuit de lundi à mardi, alors que la police menace désormais d’utiliser des « balles réelles » face aux « armes létales » des manifestants radicaux – qui ont jeté briques et cocktails Molotov contre les forces de l’ordre.

« Respecter les libertés fondamentales »

Dans une tactique apparemment coordonnée, des dizaines de milliers de personnes ont afflué vers le campus universitaire pour tenter d’en rompre le siège. Des affrontements avaient lieu aux alentours. Des dizaines de personnes restaient sur le campus dans la nuit, a déclaré un des protestataires à l’AFP. Des manifestants mineurs ont cependant été autorisés à partir.

Jugeant la violence « inacceptable d’où qu’elle vienne », le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a estimé lundi qu’il incombait au gouvernement de Hong Kong de « rétablir le calme » dans le territoire, en prenant notamment « des mesures claires pour répondre aux demandes de l’opinion ».

L’Union européenne a souligné que les actions des forces de l’ordre « doivent rester strictement proportionnées et les libertés fondamentales, y compris le droit de réunion pacifique des Hongkongais, doivent être respectées », par la voix de la cheffe de la diplomatie, Federica Mogherini.

Sortie des soldats de l’armée chinoise

La mobilisation en cours dans l’ex-colonie britannique depuis plus de cinq mois a basculé la semaine dernière dans une phase beaucoup plus radicale et violente, qui a entraîné notamment la fermeture des écoles.

L’exécutif hongkongais, qui est aligné sur Pékin, s’est refusé à accéder aux revendications des manifestants. Ceux-ci demandent notamment l’avènement du suffrage universel dans la mégapole de 7,5 millions d’habitants, et une enquête sur ce qu’ils présentent comme des violences policières. La Chine a maintes fois averti qu’elle ne tolérerait pas la dissidence, et l’inquiétude monte face à l’éventualité d’une intervention pour mettre fin à la crise.

Des soldats de l’armée chinoise, présents à Hong Kong depuis la rétrocession de l’ex-colonie en 1997, sont sortis ce week-end de leur caserne pour déblayer certaines rues de leurs barricades. Une apparition rarissime qui a encore alimenté l’hypothèse d’une opération militaire. Et l’ambassadeur de Chine au Royaume-Uni a donné lundi du crédit supplémentaire à cette option.

« Le gouvernement de Hong Kong fait tout son possible pour reprendre le contrôle de la situation », a déclaré Liu Xiaoming lors d’une conférence de presse. « Mais si elle devenait incontrôlable, le gouvernement central ne restera certainement pas les bras croisés. Nous avons la résolution et le pouvoir suffisants pour mettre fin aux troubles ».