VIDEO. « Impeachment » : Trump envisage de témoigner, les démocrates enquêtent pour savoir s’il a menti à Mueller

ETATS-UNIS Les auditions continuent cette semaine au Congrès, et celle de l'ambassadeur auprès de l'Union européenne Gordon Sondland, mercredi, est particulièrement attendue

P.B. avec AFP
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Donald Trump dans les jardins de la Maison Blanche le 4 novembre 2019.
Donald Trump dans les jardins de la Maison Blanche le 4 novembre 2019. — Patrick Semansky/AP/SIPA

Cap ou pas cap ? Nancy Pelosi l’a mis au défi, et Donald Trump assure qu’il « envisage sérieusement » de témoigner dans le cadre de l’enquête d’impeachment qui empoisonne sa campagne de réélection. Et alors que les témoins de l’affaire ukrainienne continuent de défiler au Congrès cette semaine, les démocrates semblent avoir élargi leur enquête et cherchent à déterminer si le président américain a menti au procureur spécial Robert Mueller sur la Russie et WikiLeaks.

La chef des démocrates au Congrès, « Nancy Pelosi a suggéré que je témoigne dans l’enquête bidon en destitution. Elle a même dit que je pourrais le faire par écrit », a tweeté le président américain. « Même si je n’ai rien fait de mal et n’aime pas apporter de crédit à cette parodie de justice, j’aime cette idée », a-t-il ajouté : « Je vais l’envisager sérieusement. »

Pelosi avait reproché la veille au milliardaire républicain de critiquer l’enquête et ses protagonistes sur les réseaux sociaux. « S’il n’est pas d’accord avec ce qu’il entend, il ne devrait pas tweeter, il devrait venir devant la commission et témoigner sous serment. Il peut aussi le faire par écrit, il a les moyens de défendre son dossier », avait-elle déclaré sur la chaîne CBS. La Maison Blanche a refusé jusqu’ici de collaborer dans une enquête jugée « anticonstitutionnelle », interdisant aux collaborateurs du président de répondre aux injonctions du Congrès et de fournir les documents requis par les parlementaires.

Les réponses de Trump à Mueller passées au crible

L’enquête des démocrates concerne l’affaire ukrainienne et à la requête de Donald Trump, qui a demandé au président Zelensky de se « pencher » sur Joe Biden et son fils (qui a siégé au conseil d’administration d’une compagnie gazière ukrainienne). La semaine dernière, plusieurs témoins ont affirmé que la Maison Blanche avait fait pression sur Kiev, utilisant notamment la carotte d’une visite à Washington et le bâton de la suspension de l’aide militaire.

Cette semaine, une demi-douzaine d’autres témoins sont attendus. Tous les yeux seront braqués sur l’ambassadeur auprès de l’Union européenne, mercredi. Gordon Sondland est en effet au cœur de la diplomatie « parallèle » américaine en Ukraine, et il a changé son témoignage initial, reconnaissant que l’aide américaine avait bien été conditionnée à l’annonce d’une enquête sur les Biden.

Les démocrates, eux, semblent avoir élargi le périmètre de leur enquête : l’avocat de la Chambre a déposé un recours pour déclassifier des portions du rapport de Robert Mueller sur la Russie, afin de déterminer si « Donald Trump a menti dans ses réponses écrites. » Il s’intéresse particulièrement aux interactions du candidat Trump avec ses conseillers à propos de WikiLeaks et des emails piratés du parti démocrate et d’Hillary Clinton. Donald Trump va peut-être réfléchir à deux fois avant de témoigner à nouveau.