Sri Lanka : Le puissant clan des Rajapaksa revient à la tête du pays

POLITIQUE Gotabaya Rajapaksa, surnommé « Terminator » a obtenu 52,25 % des suffrages, devançant largement son rival Sajith Premadasa (41,99 %)

20 Minutes avec AFP

— 

Gotabaya Rajapaksa arrivant dans son bureau de vote le 16 novembre 2019.
Gotabaya Rajapaksa arrivant dans son bureau de vote le 16 novembre 2019. — Eranga Jayawardena/AP/SIPA

Après cinq ans dans l’opposition, le puissant clan des Rajapaksa est revenu dimanche à la tête du Sri Lanka, avec l’élection de Gotabaya Rajapaksa, surnommé « Terminator », à la présidence de l’île d’Asie du Sud.

Selon les résultats officiels donnés dimanche par la commission électorale, l’ancien lieutenant-colonel aux cheveux gris a obtenu 52,25 % des suffrages, devançant largement son rival Sajith Premadasa (41,99 %), qui était soutenu par les minorités tamoule et musulmane. La participation s’est établie à 83,7 %.

Une famille qui a gouverné le pays d’une main de fer de 2005 à 2015

Sept mois après les attentats djihadistes de Pâques qui ont meurtri le pays, le Sri Lanka renoue donc avec cette famille qui l’a gouverné d’une main de fer de 2005 à 2015 sous la présidence de Mahinda Rajapaksa​, grand frère charismatique et controversé de Gotabaya, et avait réussi à mettre fin à la guerre civile au prix d’un gigantesque bain de sang.

Ce fait d’armes vaut à la fratrie, qui cultive une image d’hommes forts, une grande popularité au sein de la majorité ethnique cinghalaise du pays, mais une détestation mêlée de crainte de la part des minorités tamoule et musulmane.

« Mon devoir est d’être au service de tous les Sri-Lankais, sans distinction de race ou de religion »

« Je suis conscient d’être aussi le président de ceux qui ont voté contre moi », a réagi Gotabaya Rajapaksa dimanche en remerciant ses partisans. « Mon devoir est d’être au service de tous les Sri-Lankais, sans distinction de race ou de religion », a-t-il poursuivi, promettant d’exercer ses fonctions « de manière juste ». Le nouveau président devrait prêter serment lundi à Anuradhapura (centre-nord).

Gotabaya Rajapaksa, 70 ans, a mené une campagne nationaliste et axée sur la sécurité à la suite des attentats djihadistes qui ont fait 269 morts le 21 avril. Des kamikazes d’un groupe extrémiste local s’étaient fait exploser dans des hôtels de luxe et des églises chrétiennes en pleine messe.

Le retour au pouvoir des Rajapaksa préoccupe aujourd’hui l’Inde voisine et les Occidentaux en raison de la proximité du clan avec la Chine. Pékin a prêté des milliards de dollars au Sri Lanka pendant les deux mandats de Mahinda Rajapaksa pour de grands projets d’infrastructures, une dette colossale qui place ce pays stratégique de l’océan Indien dans une situation de dépendance vis-à-vis de la Chine.