Bolivie : L’ONU dénonce « l’usage disproportionné de la force par la police et l'armée »

CRISE POLITIQUE Cinq paysans favorables au président déchu Evo Morales ont été tués vendredi lors d’affrontements avec la police et l’armée en Bolivie

20 Minutes avec AFP

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Des Boliviens pleurent la disparition de leurs proches.
Des Boliviens pleurent la disparition de leurs proches. — Juan Karita/AP/SIPA

La Bolivie semble de plus en plus plonger vers lune crise profonde. La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme de l’ONU Michelle Bachelet a dénoncé ce samedi « l’usage inutile et disproportionné de la force par la police et l’armée » bolivienne. Cet usage excessif de la force « est extrêmement dangereux » et pourrait conduire à ce que la situation « dégénère », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Michelle Bachelet a rappelé que 17 personnes au moins avaient été tuées depuis le début du mouvement de contestation qui secoue la Bolivie, dont 14 depuis la fuite de l’ex-président Evo Morales au Mexique​ il y a six jours.

« La situation en Bolivie pourrait dégénérer »

« Les premiers décès étaient dus surtout à des affrontements violents entre manifestants rivaux mais les plus récents semblent être le résultat d’un usage inutile et disproportionné de la force par la police et l’armée », a-t-elle estimé.

« C’est un développement extrêmement dangereux car, loin d’apaiser la violence, cela pourrait la rendre bien pire encore », a expliqué Michelle Bachelet. « La situation en Bolivie pourrait dégénérer si les autorités ne la gèrent pas avec délicatesse et en accord avec les normes internationales qui régissent l’usage de la force, et avec un plein respect des droits de l’homme ».

« Des arrestations et des détentions massives »

Cinq paysans favorables au président déchu Evo Morales ont été tués vendredi dans la banlieue de Cochabamba, fief politique de l’ancien président, où des affrontements ont opposé toute la journée des milliers de manifestants aux forces de l’ordre qui les empêchaient de se rendre dans le centre-ville.

Michelle Bachelet a aussi dénoncé « des arrestations et des détentions massives », affirmant que plus de 600 personnes ont été détenues depuis le 21 octobre, « dont beaucoup au cours des derniers jours ».

Elle a exhorté les autorités boliviennes à communiquer le nombre de personnes arrêtées, blessées et tuées au cours des manifestations, et exigé une « enquête rapide, impartiale, transparente » et complète sur ces événements.