Pourquoi la pauvreté frappe plus les enfants que les vieux

SOCIAL Un rapport de l'OCDE analyse la misère dans les pays riches...

A.L.

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Les enfants plus pauvres que les personnes âgées. C’est la conclusion d’un rapport de un rapport de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) publié ce mardi. Avec les jeunes adultes, les enfants sont 25% plus nombreux que les autres tranches de la population à vivre avec moins de la moitié du revenu moyen des pays de l’OCDE. A l’inverse, l’étude menée sur les 20 dernières années a constaté un recul de la pauvreté chez les retraités.
 

Deux facteurs ont contribué, selon le rapport, à cette répartition inégale des richesses: l’augmentation du nombre de familles monoparentales et les difficultés pour les personnes les moins qualifiées à accéder à l’emploi. Le développement du travail précaire a également, selon Delphine Vincenot de la fondation Asmae, créée en 1980 par Sœur Emmanuelle, conduit certaines familles dans des situations financières difficiles.

L’aide sociale ne suffit pas

Si les prestations sociales permettent de limiter l’accroissement de la misère dans les pays riches, le rapport souligne une «perte d’efficacité ces dix dernières années», selon Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE. «Vouloir combler les lacunes de la perte de revenus uniquement par l’augmentation des dépenses sociales revient à traiter les symptômes, pas la maladie», ajoute-t-il.

Pour le secrétaire général de l’OCDE, «accroître l’emploi est le meilleur moyen de réduire la pauvreté». Une recommandation qui s’avèrera difficile à mettre en place alors que le Bureau international du travail prévoit 20 millions de chômeurs supplémentaires dans le monde en 2009.

L’ascenseur social en panne

Le renforcement de l’éducation est une autre piste avancée par ce rapport. Elle permet pour Delphine Vincenot de «donner aux enfants et à leur famille les moyens de leur autonomie». En effet, plus qu’une «égalité de situations», il est important d’offrir à chacun «une égalité des chances», précise Angel Gurria. D’autant que l’ascenseur social fonctionne moins bien quand le fossé entre pauvres et riches s’accroît.