VIDEO. Bolivie: Un mort dans des affrontements, Morales prêt à rentrer

CRISE POLITIQUE Washington a, de son côté, reconnu Jeanie Anez comme la présidente par intérim du pays

20 Minutes avec AFP

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Des affrontements entre des manifestants pro-Morales et la police ont fait au moins un mort en Bolivie, le 13 novembre 2019.
Des affrontements entre des manifestants pro-Morales et la police ont fait au moins un mort en Bolivie, le 13 novembre 2019. — Natacha Pisarenko/AP/SIPA

Nomination d’un gouvernement, convocation d’élections : dans une Bolivie encore secouée par des manifestations, la présidente par intérim Jeanine Añez tentait mercredi de combler le vide politique laissé par le départ d’Evo Morales, qui s’est déjà dit prêt à rentrer de son exil au Mexique pour « apaiser » la situation.

Dans la nuit, Washington a adoubé la nouvelle femme forte de la Bolivie : « Les Etats-Unis saluent la décision de la sénatrice bolivienne Jeanine Añez de prendre la présidence par intérim afin de mener sa nation durant cette transition démocratique », a déclaré le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo dans un communiqué.

Le pays reste sous tension. Des affrontements ont éclaté entre des manifestants partisans de l’ancien chef de l’Etat et les forces de l’ordre. Dans le village de Yapacani, à l’est du pays, non loin de Santa Cruz, un homme de 20 ans a été tué d’une balle dans la tête lors de heurts entre manifestants pro-Morales et la police, selon un médecin interrogé par la radio locale Fides. Depuis le début de la crise post-électorale fin octobre, 10 personnes ont trouvé la mort, dont huit ont été tuées par balle, selon le dernier rapport du parquet général rendu public mercredi. Un précédent bilan faisait état de sept morts.

De violents affrontements ont eu lieu également à La Paz. Plusieurs centaines de personnes ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène non loin du siège du gouvernement, où la dirigeante était en train de nommer un nouveau commandement militaire lors d’une cérémonie officielle. Quelque 3.000 manifestants étaient arrivés en milieu d’après-midi dans le centre-ville en provenance de la ville voisine d’El Alto, favorable à Evo Morales.

Morales prêt à rentrer pour « apaiser » la situation

Depuis Mexico, où il est arrivé mardi pour y bénéficier de l’asile politique, Evo Morales s’est dit prêt à rentrer en Bolivie pour « apaiser » la situation. « Si mon peuple le demande, nous sommes disposés à retourner (en Bolivie) pour apaiser la situation », a déclaré Morales lors d’une conférence de presse à Mexico. « Nous reviendrons tôt ou tard », a-t-il assuré, appelant à un « dialogue national » afin de résoudre la crise qui agite son pays.

Il a également condamné ce qu’il a nommé « la reconnaissance » de Jeanine Añez par le président américain Donald Trump. « Nous condamnons la décision de Trump de reconnaître le gouvernement de facto et auto-proclamé de la droite », a-t-il tweeté, estimant que « le coup d’Etat qui a causé la mort de mes frères boliviens est un complot politique et économique qui vient des États-Unis ».

La Maison Blanche n’a à ce jour pas formellement reconnu le gouvernement par intérim de La Paz. Un haut responsable du département d’Etat Michael G. Kozak, s’est contenté de tweeter mardi que les Etats-Unis « espèrent travailler » avec Mme Añez « ainsi qu’avec les autres autorités civiles du pays ».

Des élections d’ici le 22 janvier ?

Parallèlement, la nouvelle présidente travaillait à la composition de son gouvernement. Il devrait être réduit au strict minimum, aux portefeuilles « les plus importants » à savoir « la Défense, l’Intérieur et les Finances », qui « ne peuvent pas cesser de fonctionner », a déclaré à la presse Arturo Murillo, un sénateur de droite, faisant office de porte-parole.

Outre la formation du gouvernement, l’autre priorité de la chef de l’Etat par intérim est de nommer une nouvelle autorité électorale en vue de convoquer de nouvelles élections. En prenant ses fonctions, Añez avait fixé comme limite la date du 22 janvier. Avant la crise, c’est à cette date que le prochain chef de l’Etat devait être intronisé.