VIDEO. « Impeachment », acte II : Du théâtre et une nouvelle révélation sur Donald Trump

ETATS-UNIS Lors de la première audition publique, des diplomates américains ont réaffirmé que l'aide à l'Ukraine avait été conditionnée à l'ouverture d'une enquête sur Joe Biden

Philippe Berry

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William Taylor et George Kent prêtent serment lors de leur audition devant le Congrès américain, le 13 novembre 2019.
William Taylor et George Kent prêtent serment lors de leur audition devant le Congrès américain, le 13 novembre 2019. — Jim Lo Scalzo/AP/SIPA

De notre correspondant aux Etats-Unis,

Une audience historique. La première audition publique dans la procédure d'« impeachment » contre Donald Trump a donné lieu à une bataille féroce entre les démocrates et les républicains, mercredi. Accusant le président américain d’avoir fait pression sur l’Ukraine pour enquêter sur Joe Biden, les premiers ont dénoncé une « tentative d’extorsion » tandis que les seconds ont critiqué une « mascarade reposant sur des témoignages indirects ».

Les premiers témoins étaient l’ambassadeur par intérim en Ukraine William Taylor et George Kent, haut responsable du département d’Etat. Ils ont répété ce qu’ils avaient affirmé à huis clos : selon eux, Donald Trump a fait comprendre aux responsables ukrainiens que l’aide militaire américaine et une visite à Washington étaient « conditionnées » à l’ouverture d’une enquête sur Joe Biden. Ils ont également ciblé l’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, l’accusant d’avoir « cherché à dénicher des informations compromettantes sur un potentiel rival politique ».

Un nouvel appel téléphonique problématique pour Trump

William Taylor a également révélé un nouvel élément. Au lendemain de sa conversation avec le président Zelensky, fin juillet, Donald Trump a appelé l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne, Gordon Sondland. Lors de cet appel, entendu par un collaborateur, « l’ambassadeur Sondland a indiqué que le président Trump s’intéressait davantage à l’enquête sur Biden (qu’à la corruption en Ukraine) ». Les démocrates ont aussitôt convoqué ce nouveau témoin, qui pourrait s’exprimer devant le Congrès la semaine prochaine.

Devin Nunes, le vice-président républicain du comité de la Chambre sur le renseignement, a repris la rhétorique de Donald Trump. Dénonçant tour à tour un « hoax » et une « mascarade », il a félicité les témoins pour avoir « passé le casting » de la « saison finale d’un drame pathétique », assurant que les démocrates voulaient destituer Donald Trump depuis son élection. Les démocrates ont également fait dans l’hyperbole. « Est-ce qu’une tentative de meurtre est un crime ? Est-ce qu’une tentative de cambriolage est un crime ? », a demandé Joaquin Castro. Avant d’enchaîner : « Alors assurément, une tentative d’extorsion est un crime. »

Après près de six heures d’audition, le républicain Jim Jordan, qui a souvent posé ses questions en criant, s’est agacé : « Il y a un témoin qu’ils (les démocrates) ne veulent pas présenter devant le peuple américain. C’est celui par qui tout a commencé, le lanceur d’alerte. » Réponse du démocrate Peter Welsh : « Je serais très heureux d’entendre celui qui est à l’origine de tout. Le président Trump est libre de venir témoigner. » Rires dans l’assemblée. La suite vendredi, avec le témoignage de l’ex-ambassadrice Marie Yovanovitch, limogée par Donald Trump.