Arabie Saoudite : Les autorités rejettent une vidéo qualifiant le féminisme d'« extrémisme »

MARCHE ARRIERE Le féminisme, l’homosexualité et l’athéisme ont été qualifiés d’idées « extrémistes » dans une vidéo officielle diffusée, ce week-end, sur Twitter par l’agence de sécurité de l’Etat saoudien

20 Minutes avec AFP

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Des femmes vont voter  pour les élections municipales, à Riyadh, en Arabie saoudite, en décembre 2015.
Des femmes vont voter pour les élections municipales, à Riyadh, en Arabie saoudite, en décembre 2015. — Khalid Mohammed/AP/SIPA

Une vidéo officielle, où le féminisme​, l’homosexualité et l’athéisme sont qualifiés d’idées « extrémistes », a suscité la controverse en Arabie Saoudite. Les autorités saoudiennes ont finalement pris leurs distances, ce mardi, avec ces déclarations, dans un pays qui tente de casser son image ultraconservatrice.

La vidéo avait été diffusée, ce week-end, sur Twitter par l’agence de sécurité de l’Etat, qui a supprimé son post depuis. La vidéo contient « beaucoup d’erreurs », a déclaré l’agence de sécurité qui a laissé entendre que leurs auteurs feraient l’objet d’une enquête, selon un communiqué publié mardi soir par l’agence de presse officielle saoudienne SPA.

« Le féminisme n’est pas criminalisé »

L’agence de sécurité a également démenti, comme l’affirmait un article publié dans Al-Watan, un quotidien local, des informations selon lesquelles des féministes seraient emprisonnées et soumises à des coups de fouets – une peine appliquée dans le système pénal saoudien. La Commission des droits de l’Homme du royaume a de son côté souligné que « le féminisme n’est pas criminalisé » et que cette instance accordait « la plus haute importance aux droits des femmes ».

Les deux communiqués ne mentionnent ni l’homosexualité ni l’athéisme, deux infractions pénales passibles de la peine de mort dans ce pays qui pratique une version ultra-rigoriste de loi islamique. La vidéo avait suscité des critiques de la part d’ONG, notamment Amnesty International qui l’a qualifiée d'« extrêmement dangereuse » pour « les droits à la liberté d’expression et à la vie, la liberté et la sécurité dans le pays ».

Répression contre les dissidents et militantes féministes

Sous l’impulsion du prince héritier Mohammed ben Salmane, l’Arabie saoudite est entrée dans un vaste programme de réformes qui comprend un assouplissement des interdictions pesant sur les femmes, avec en particulier l’accès au permis de conduire et la possibilité d’obtenir un passeport sans l’aval d’un tuteur masculin.

Mais le gouvernement a également accentué la répression contre les dissidents et militantes féministes, dont une douzaine sont encore emprisonnées voire, pour certaines, soumises à la torture selon leurs familles et des organisations de défense des droits humains.