La campagne présidentielle précédant le scrutin du 4 novembre aura été la plus longue et la plus chère de l'histoire des Etats-Unis, avec un niveau de dépenses record, rendu possible par la collecte par les candidats de plus de 1,3 milliard de dollars.
La campagne présidentielle précédant le scrutin du 4 novembre aura été la plus longue et la plus chère de l'histoire des Etats-Unis, avec un niveau de dépenses record, rendu possible par la collecte par les candidats de plus de 1,3 milliard de dollars. — Justin Sullivan AFP/Archives

USA 2008

Obama vs McCain, dernier round avant le K.O

Les coups fusent entre les deux adversaires dans cette dernière ligne droite vers la Maison Blanche. Le combat se durcit. Dans quinze jours, il n'en restera plus qu'un...

Barack Obama a suspendu sa campagne lundi soir pour se rendre au chevet de sa grand-mère gravement malade. Stratégie de communication ou acte sincère, à quinze jours du scrutin, les moindres gestes des candidats à la présidence comptent.

>> Suivez toute la campagne américaine avec notre dossier spécial, cliquez ici!

Coup marketing contre coup droit

«Cette visite à sa grand-mère blanche tombe, d'un point de vue marketing, au bon moment puisque la question raciale est au cœur de la campagne», explique François Durpaire, spécialiste des Etats-Unis. Un événement tragique qui pourrait, en fait, apporter quelques voix supplémentaires à Barack Obama apparaissant auprès d'une grand-mère blanche.

Chez les républicains, pas de coup marketing mais des attaques de plus en plus dures fusent.
Une tactique offensive qui ne s'avère pas payante et qui semble même jouer contre le camp de McCain. Pourtant le temps de parole se fait précieux à deux semaines du vote, et plus particulièrement pour le républicain.

En effet, «le 29 octobre prochain, Barack Obama s'offrira une demie-heure d'intervention à la télévision, explique François Durpaire. Obama, plus riche que John McCain, a pu se payer ce temps de parole pour un million de dollars.» Un luxe que ne peut s'offrir John McCain, réduit à s'exprimer lors de simples meetings politiques.

Obama ne baissera pas sa garde

En campagne dans le Missouri, le républicain a estimé que son adversaire n'avait pas l'expérience requise pour diriger un pays comme les Etats-Unis. «Un argument qui tourne à vide depuis que Sarah Palin a fait son entrée dans la campagne», précise François Durpaire, puisque la co-listière du républicain s'avère être un poids plume de la politique.

En meeting à Orlando en Floride, lundi soir Barack Obama a, de son côté, mis en garde ses partisans contre des attaques «malveillantes» de la part des républicains dans les derniers jours de campagne. «La course est appelée à se resserrer», a-t-il déclaré.

Les jeux ne sont pas faits

Selon le baromètre quotidien de Gallup, l'écart était de 11 points au bénéfice du sénateur de l'Illinois, Barack Obama, vendredi, avec 52% contre 41%. «Mais rien n'est joué, car il s'agit de l'élection la plus atypique que les Etats-Unis aient connu», souligne François Durpaire.

En effet, aucun des deux candidats n'est issu de l'administration du président sortant, mais en plus, pour la première fois, un candidat issu d'une minorité brigue la présidence. «Si John McCain remporte le scrutin alors ce sera le retournement le plus spectaculaire de l'histoire des Etats-Unis.», souligne François Durpaire, tout est possible «jusqu'au dernier moment».

Le coup de grâce sera porté le 4 novembre, mais cette fois-ci les deux adversaires seront sur le banc de touche, impatient de voir, lequel d'entre eux, se fera envoyer dans les cordes… par les électeurs.

François Durpaire est l'auteur de «Les présidents américains face à la Nation : l'unité réinventée» - Hellipse et de «L'Amérique de Barack Obama» - Demopolis.