Royaume-Uni : Des données sensibles transmises par des sites de santé aux géants du numérique

CONFIDENTIALITE Ces sites ont transmis des « cookies », des traceurs pistant l’activité des visiteurs

20 Minutes avec AFP
— 
Auscultation d'un patient par un médecin généraliste dans son bureau. Illustration.
Auscultation d'un patient par un médecin généraliste dans son bureau. Illustration. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Plusieurs sites britanniques d’information sur la santé ont transmis à des entreprises du numérique, comme Google, Amazon et Facebook, des données sensibles, tels que les pathologies ou symptômes consultés par des utilisateurs, a révélé le Financial Times, ce mercredi.

Sur 100 sites de santé, 79 d’entre eux ont transmis les « cookies », des traceurs pistant l’activité des visiteurs, sans leur consentement contrairement à ce que prévoit la loi, a expliqué le quotidien britannique.

Craintes autour de l’utilisation des données personnelles

Selon le Financial Times, des données comme des symptômes, des diagnostics médicaux, des noms de médicaments ou des informations sur les règles et la fertilité ont fuité, en priorité vers DoubleClick, la branche publicitaire de Google, suivi du géant du commerce Amazon, du réseau social Facebook et du groupe informatique Microsoft.

Ces révélations interviennent au moment où le régulateur britannique de la protection des données (ICO) tente d’assainir les pratiques de l’industrie publicitaire en ligne et lui a donné jusqu’à décembre pour renforcer ses contrôles notamment sur les données sensibles comme celles relatives à la santé. Ces éléments renforcent les craintes grandissantes autour de l’utilisation des données personnelles par les géants américains du numérique.

Les données médicales de dizaines de millions de patients

Dernière affaire en date, un partenariat entre Google et Ascension, une organisation de santé, suscite une vague d’inquiétude aux Etats-Unis, cet accord devant permettre de recueillir et d’analyser les données médicales de dizaines de millions de patients pour aider les médecins à mieux déterminer les traitements.

Au Royaume-Uni, Facebook avait accepté fin octobre de payer une amende de 500.000 livres à l’ICO à la suite de la retentissante affaire Cambridge Analytica et de l’utilisation à leur insu de données de millions d’utilisateurs. Cette firme britannique a récupéré les données de 87 millions d’utilisateurs de Facebook pour mener des campagnes de manipulation politique, notamment aux Etats-Unis lors la présidentielle de 2016 ou lors du référendum sur le Brexit.