Syrie : Erdogan accuse Washington de ne pas avoir pleinement respecté ses engagements

SYRIE Le président turc a affirmé lundi que les Etats-Unis n’avaient pas pleinement rempli leurs engagements sur le retrait des forces kurdes en Syrie

20 Minutes avec AFP

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé les Etats-Unis de ne pas avoir tenu leurs engagements dans l'accord sur le retrait turc en Syrie.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé les Etats-Unis de ne pas avoir tenu leurs engagements dans l'accord sur le retrait turc en Syrie. — Burhan Ozbilici/AP/SIPA

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé lundi que les Etats-Unis n’avaient pas pleinement rempli leurs engagements sur le retrait des forces kurdes en Syrie, avant de s’envoler pour Washington pour des entretiens avec Donald Trump.

« Je lui dirai, documents à l’appui, que l’accord que nous avons conclu (sur la Syrie) n’a pas été pleinement respecté », a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d’une conférence de presse à l’aéroport d’Ankara.

Un accord a stoppé l’offensive turque le 17 octobre

Un accord arraché le 17 octobre par le vice-président américain Mike Pence lors d’une visite à Ankara avait ouvert la voie à l’arrêt de l’offensive turque lancée le 9 octobre dans le nord-est de la Syrie pour en chasser la milice kurde des YPG, alliée de Washington dans la lutte antidjihadiste. Cet accord prévoit le retrait des YPG de la frontière turque et la mise en place d’une zone de sécurité de 32 km de largeur dans une bande frontalière de la Turquie en territoire syrien.

La Turquie avait lancé son opération militaire après l’annonce par Donald Trump du retrait des troupes américaines déployées dans cette zone, ce qui a été interprété par un feu vert accordé à Ankara. Cette annonce était survenue dans la foulée d’un entretien téléphonique entre le milliardaire américain et le président turc. Fortement critiqué, y compris dans son propre camp, Donald Trump a ensuite durci le ton et autorisé des sanctions contre la Turquie, qui ont été levées après qu'Ankara eut suspendu son offensive en Syrie.

Aux termes d’un accord séparé conclu le 22 octobre entre Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine, Moscou s’est engagé à faire partir les YPG d’autres secteurs dans le nord-est de la Syrie, en coordination avec l’armée syrienne, et à lancer des patrouilles conjointes avec l’armée turque en territoire syrien. « Malheureusement, jusqu’à présent il n’est pas possible de dire que les groupes terroristes se sont retirés de la région, a affirmé le président turc lors de la conférence de presse. Ni la Russie ni les Etats-Unis n’ont été en mesure de faire partir les groupes terroristes selon le calendrier convenu. »