VIDEO. Evo Morales quitte la Bolivie pour le Mexique, qui lui a accordé l’asile

DIPLOMATIE Lâché par l’armée et la police, l’ex-président a été contraint à la démission ce dimanche

20 Minutes avec AFP

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Le président bolivien Evo Morales a annoncé sa démission le 10 novembre 2019.
Le président bolivien Evo Morales a annoncé sa démission le 10 novembre 2019. — Enzo De Luca/AP/SIPA

« Frères et sœurs, je pars pour le Mexique. » Après avoir dénoncé « un coup d’Etat », l’ex-président bolivien Evo Morales a annoncé dans la nuit de lundi à mardi qu’il quittait son pays après avoir obtenu l’asile politique au Mexique. Des médias locaux ont annoncé lundi soir qu’un avion militaire mexicain s’était posé sur un aéroport de la région de Cochabamba, dans le centre de la Bolivie, pour venir chercher Evo Morales.

« La ministre mexicaine de l’Intérieur Olga Sanchez Cordero a décidé d’accorder l’asile politique à M. Evo Morales. Sa vie et son intégrité physique sont menacées », avait déclaré quelques heures plus tôt le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, au cours d’une conférence de presse à Mexico. Il a précisé que le gouvernement avait été sollicité par Morales, qui a été contraint à la démission. « Il nous a demandé verbalement et de façon formelle de lui accorder l’asile politique dans notre pays », a-t-il dit. « Mexico s’est toujours distingué tout au long de son histoire pour avoir protégé ceux qui cherchaient un refuge », a conclu le ministre des Affaires étrangères mexicain.

La police demande l’aide de l’armée pour restaurer l’ordre

A La Paz, le chef de la police a demandé lundi aux forces armées boliviennes d’intervenir pour arrêter les violences causées dans la capitale par des partisans de l’ancien président Evo Morales. « J’ai demandé au commandant en chef des forces armées, le général Williams Kaliman, qu’il intervienne, parce que la police bolivienne est dépassée », a déclaré le chef de la police de La Paz, le colonel José Barrenechea.

Des violences ont eu lieu dans la nuit à La Paz, et de petites casernes de la police ont été pillées et brûlées lundi dans plusieurs villes, tandis qu’une colonne de plusieurs centaines de partisans de M. Morales marchait vers La Paz depuis la ville voisine d’El Alto.

Appel à des élections d’ici le 22 janvier

Lâché par l’armée bolivienne dimanche après trois semaines de violentes manifestations, le socialiste Evo Morales était l’un des derniers représentants de la « vague rose » qui a déferlé au tournant des années 2000 sur l’Amérique latine, faisant virer à gauche le Brésil, l’Argentine, le Chili, l’Equateur et le Venezuela. La Bolivie se trouve depuis lundi sans dirigeant. Les successeurs prévus à Evo Morales par la Constitution ont tous démissionné avec lui.

La deuxième vice-présidente du Sénat bolivien, l’opposante Jeanine Añez, appelée en vertu de la Constitution à succéder au poste de chef de l’Etat à Evo Morales après sa démission, a annoncé lundi la prochaine convocation d’une élection présidentielle afin que « le 22 janvier nous ayons un président élu ».