Etats-Unis: Une recrue de l’Etat islamique demande à rentrer

REGRETS Le gouvernement américain refuse le retour de Hoda Muthana, arguant qu’elle n’est pas américaine

20 Minutes avec AFP

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Des civils fuyant Baghouz en Syrie le 27 février 2019 (illustration).
Des civils fuyant Baghouz en Syrie le 27 février 2019 (illustration). — LAURENCE GEAI/SIPA

Une jeune djihadiste détenue dans le Nord-Est syrien a une nouvelle fois demandé, dans un entretien à la chaîne de télévision américaine NBC News et diffusé samedi, à revenir aux Etats-Unis où elle est née. Ce retour est pour le moment refusé par Washington.

Une radicalisation dans l’Alabama

Hoda Muthana, 25 ans, « regrette toutes les choses » faites au sein du groupe Etat islamique (EI), qu’elle avait rejoint en 2014 après s’être radicalisée dans l’Alabama (Sud-Est), où elle habitait avec sa famille. « Ceux qui croient en Dieu pensent que tout le monde mérite une seconde chance, aussi horribles qu’aient été leurs péchés », affirme la jeune femme.

L’entretien a été fait dans le camp d'Al-Roj, aux mains des Kurdes, où elle vit avec son fils de 2 ans. Elle affirme craindre pour sa vie, disant qu’elle pourrait devenir la cible d’autres djihadistes qui n’ont pas abandonné l’idéologie du groupe ultraradical, comme elle dit l’avoir fait. « Je n’ai jamais soutenu les décapitations [commises par l’EI] et je ne soutiens pas ses crimes et ses attentats-suicides », affirme-t-elle.

Son père était un diplomate yéménite

Le gouvernement américain a rapatrié plusieurs Américaines liées à l’EI et leurs enfants, mais refuse le retour de Hoda Muthana car selon lui elle n’est pas citoyenne américaine, une position qu’elle conteste en justice depuis le mois de mars. Selon Washington, son père était un diplomate yéménite lorsqu’elle est née et une loi américaine veut que les enfants de diplomates nés aux États-Unis pendant qu’ils y sont en poste n’acquièrent pas automatiquement la nationalité américaine. Elle n’avait donc légalement pas le droit de posséder un passeport.

« Je suis une citoyenne et j’ai des papiers qui le prouvent », explique pour sa part Hoda Muthana. « Je suis aussi américaine qu’une blonde aux yeux bleus et je voudrais revenir dans mon pays pour faire des choses américaines ». Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo l’a aussi qualifié de « terroriste ».

Mariée à trois combattants de l’EI, tous tués, elle a activement participé à la propagande du groupe sous le pseudonyme de « Oum Djihad », selon l’organisation Counter Extremism Project. Elle avait appelé à « faire couler le sang américain » et félicité les auteurs de l’attentat de janvier 2015 contre l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo. « C’était une idéologie et c’était juste une phrase », explique-t-elle sur NBC, refusant de s’exprimer sur ces messages.