Tadjikistan: L’Etat islamique revendique une attaque meurtrière

ATTENTAT Les autorités ont déclaré que l’opération avait causé la mort de 17 personnes : 15 djihadistes présumés, un policier et un militaire

20 Minutes avec AFP

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Photo prise et publiée le 6 novembre 2019 par le ministère de l’Intérieur du Tadjikistan montrant le site de l'attentat au poste frontière d'Ishkobod.
Photo prise et publiée le 6 novembre 2019 par le ministère de l’Intérieur du Tadjikistan montrant le site de l'attentat au poste frontière d'Ishkobod. — AFP

Le groupe Etat islamique (EI) a encore frappé et c’est cette fois au Tadjikistan, un pays d’Asie centrale régulièrement visé par des opérations djihadistes. Le groupe a revendiqué vendredi un assaut meurtrier mené dans la nuit de mardi à mercredi. « Les combattants du Califat ont attaqué un centre des gardes-frontières tadjiks apostats dans la région de Ishkobod, près de la frontière » avec l’Ouzbékistan, a annoncé l’EI dans un communiqué diffusé sur Telegram, rapportant « des affrontements à la mitrailleuse qui se sont poursuivis pendant plusieurs heures ».

Une vidéo revendiquant l’attentat

Les autorités tadjikes ont pour leur part affirmé que l’opération avait causé la mort de 17 personnes : 15 djihadistes présumés, un policier et un militaire. Elles ont également fait état de quatre arrestations. De son côté, l’EI a affirmé que tous ses membres avaient été tués, ainsi que 10 soldats tadjiks, sans toutefois préciser le nombre et l’origine de ses combattants.

Le groupe djihadiste a également publié une vidéo montrant six hommes masqués posant devant un drapeau noir et prêtant allégeance au calife ayant succédé à Abou Bakr al-Baghdadi. Au début de l’enregistrement, ils s’identifient comme les meneurs de l’attaque de mercredi. Le ministère de l’Intérieur tadjik a précisé vendredi que l’assaut avait été mené « principalement par des ressortissants tadjiks » membres de l’EI et arrivés trois jours plus tôt d’Afghanistan, qui partage une frontière avec le Tadjikistan. Un porte-parole du ministère de la Défense afghan, Fawad Aman, a toutefois soutenu que l’attaque « n’avait rien à voir avec l’Afghanistan ».

Une histoire « assez trouble »

Selon Raffaello Pantucci, chercheur à l’institut Royal United Services de Londres, « cette histoire est assez trouble ». « Les personnes à qui j’en ai parlé au Tadjikistan sont toutes suspicieuses », a-t-il ajouté. « Où les assaillants ont-ils trouvé leurs voitures, qui avaient des plaques tadjikes ? Et s’ils les ont volées, où sont les victimes du vol ? », s’est lui demandé un autre expert de la région, Danil Kislov, rédacteur en chef du site d’information indépendant Fergana News.

Qu’il s’agisse d’une incursion ou non d’Afghanistan, le Tadjikistan a connu au cours des 18 derniers mois trois épisodes sanglants impliquant l’EI. Deux émeutes dans des prisons en mai 2019 et novembre 2018 ont fait respectivement 32 et 26 morts. Celles-ci avaient été déclenchées par des militants de l’organisation Etat islamique. En juillet 2018, quatre touristes occidentaux faisant du vélo sur un itinéraire réputé avaient été tués dans une attaque dont les auteurs avaient prêté allégeance à l’EI.