Le climat échauffe les esprits de l'Union

Sophie Cois - ©2008 20 minutes

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Difficile de parler écologie à l'heure de la crise, semble-t-il. Les négociations entamées hier à Luxembourg entre les 27 ministres européens de l'Environnement interviennent en pleine crise financière, accentuant les divisions au sein de l'UE. A l'issue du Conseil européen la semaine dernière, Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'UE, est parvenu à arracher le maintien des objectifs du plan climat, prévoyant de réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020. Mais dans les faits, tout reste à faire. Tour d'horizon des positions.

· La France veut que le plan soit voté rapidement pour pouvoir présenter une position européenne commune à la convention de l'ONU sur les changements climatiques, début décembre en Pologne. Pour y parvenir, elle va devoir faire le grand écart : rassurer les pays réticents sans brader le paquet législatif énergie-climat afin que la Commission et le Parlement Européen le votent.

· L'Italie, la Pologne et la plupart des pays de l'Est estiment le coût du plan trop élevé : 25 milliards d'euros par an selon le gouvernement italien, entre 9 et 12 milliards selon la Commission. « Nos entreprises ne sont absolument pas en mesure aujourd'hui de supporter les coûts de la réglementation proposée », a plaidé l'Italie.

· L'Allemagne redoute quant à elle une politique européenne trop contraignante en matière de réduction des émissions de CO2 qui rendrait ses entreprises moins compétitives au plan international.

Le premier volet des négociations s'achève ce soir.

CO2 Selon Morgane Créach du Réseau action climat France, faire payer chaque tonne de CO2 sera l'un des points clés des débats. « Il ne faut pas revenir aux quotas gratuits », affirme-t-elle.