Bolivie: Un coup d’Etat serait en cours selon le président Evo Morales

CRISE POLITIQUE Des membres des forces de l'ordre ont refusé de réprimer des manifestations de l'opposition qui conteste toujours la réélection du président bolivien

20 Minutes avec AFP

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Des policiers ont refusé de réprimer des manifestants anti-Morales à Santa Cruz, en Bolivie, le 8 novembre 2019.
Des policiers ont refusé de réprimer des manifestants anti-Morales à Santa Cruz, en Bolivie, le 8 novembre 2019. — Juan Carlos Torrejón/EFE/SIPA

La situation ne cesse de se tendre en Bolivie. Le président Evo Morales a dénoncé vendredi un coup d’Etat « en cours » après les mutineries d’au moins trois compagnies de police. « Sœurs et frères, notre démocratie est en danger à cause du coup d’Etat en cours que des groupes violents ont lancé contre l’ordre constitutionnel. Nous dénonçons devant la communauté internationale cette attaque contre l’Etat de droit », a indiqué le président indigène de gauche à l’issue d’une réunion d’urgence avec plusieurs ministres et le commandant en chef des forces armées, le général Williams Kaliman.

« J’appelle notre peuple à prendre soin pacifiquement de la démocratie et de la CPE (Constitution politique de l’Etat) pour préserver la paix et la vie en tant que biens suprêmes au-dessus de tout intérêt politique », a ajouté Evo Morales. Le ministre de la Défense Javier Zavaleta a quant à lui assuré qu’il n’était pas question d’une intervention militaire contre les mutins pour l’heure : « Aucune opération militaire ne sera menée pour le moment, c’est totalement exclu ».

Les forces de l’ordre boliviennes de Sucre (sud-est), Santa Cruz (est) et Cochabamba (centre) se sont mutinées vendredi, refusant d’obéir à leurs commandants qui ordonnaient de réprimer des manifestations de l’opposition protestant depuis trois semaines contre la réélection du président Evo Morales.

« La police de Chuquisaca soutient les camarades qui se sont mutinés à Cochabamba, Chuquisaca (dont la capitale est Sucre) se mutine aussi avec le peuple bolivien », a déclaré à une chaîne de télévision locale un policier au visage dissimulé depuis les portes du commissariat. « Nous ne pouvons pas continuer avec ce narco-gouvernement, avec cette démocratie injuste », a-t-il ajouté. Le nombre d’agents de police anti-émeute et l’ampleur de ce mouvement de mutinerie ne sont pas connus précisément à l’heure actuelle.