Saisies de recharges de e-liquides au THC vendues au marché noir dans le Minnesota sous la fausse marque Dank Vape.
Saisies de recharges de e-liquides au THC vendues au marché noir dans le Minnesota sous la fausse marque Dank Vape. — POLICE/AP/SIPA

SCIENCES

Vapotage de THC : L’acétate de vitamine E, « coupable » probable de la crise sanitaire aux Etats-Unis

Cet additif a été retrouvé dans les poumons des 29 échantillons analysés par les autorités sanitaires américaines

2.000 cas de graves maladies pulmonaires liées au vapotage, principalement de produits contenant du THC achetés au marché noir, 39 décès au cours des derniers mois, et une longue enquête. Vendredi, les autorités sanitaires américaines (CDC) ont annoncé avoir réalisé une « percée », identifiant un « coupable » probable, qui était suspecté dès la mi-septembre : l’acétate de vitamine E. Cet additif, inoffensif sous forme de gélule à avaler ou d’huile à appliquer sous la peau, est nocif une fois inhalé.

Le CDC a analysé des échantillons de fluides prélevés dans les poumons de 29 malades et patients décédés. Tous contenaient de l’acétate de vitamine E. Du THC était présent dans 23 échantillons – y compris chez trois patients affirmant n’avoir vapoté que des produits à la nicotine. Six échantillons, soit 20 %, ne contenaient toutefois pas de THC.

Réglementation plus stricte en France

« Je serais surprise si de l’acétate de vitamine E avait été ajouté intentionnellement à des e-liquides sans THC. Mais ces liquides sont fabriqués par fournées. Il est possible d’avoir une contamination croisée lors de la production, ou dans les vaporisateurs, s’ils sont utilisés pour vapoter des e-liquides avec et sans THC à différents moments », analyse à chaud Anne Melzer, pneumologue et tabacologue de l’université du Minnesota.

En France, les produits à base de THC sont interdits et la réglementation sur la composition des e-liquides est beaucoup plus stricte qu’aux Etats-Unis. Mais même si le vapotage de nicotine est globalement jugé moins nocif que la cigarette, la pratique n’est pas sans risque, et ses effets sur le long terme méconnus, rappelait l’OMS en juin dernier.