Turquie : Les membres étrangers de l’EI détenus par Ankara seront renvoyés dans leurs pays à partir de lundi

DJIHADISME Jeudi, le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé que plus de 1.150 membres du groupe EI étaient actuellement incarcérés dans les prisons turques

20 Minutes avec AFP

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Interpellation d'un groupe suspecté proche de Daesh par l'armée irakienne en décembre 2016, au début de la bataille de Mossoul en Irak.
Interpellation d'un groupe suspecté proche de Daesh par l'armée irakienne en décembre 2016, au début de la bataille de Mossoul en Irak. — GAILAN HAJI / AFP

A partir de lundi, les membres étrangers du groupe Etat islamique (EI) détenus dans les prisons turques seront renvoyés dans leur pays, a affirmé le ministre turc de l’Intérieur, ce vendredi.

« Nous vous disons que nous allons vous les renvoyer. Nous commencerons à partir de lundi », a déclaré Süleyman Soylu, cité par l’agence de presse étatique Anadolu. Le ministre turc n’a pas précisé quels étaient les pays concernés par cette mesure.

Des ressortissants sans nationalité

Le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé, jeudi, que plus de 1.150 membres de l’EI étaient actuellement incarcérés dans les prisons turques. Ankara appelle régulièrement les pays européens à reprendre leurs ressortissants qui ont intégré les rangs de l’EI en Syrie, mais ceux-ci sont peu enclins à les récupérer, notamment pour des raisons sécuritaires et d’impopularité d’une telle mesure.

Lundi, Süleyman Soylu avait déclaré que la Turquie renverrait les combattants étrangers de l’EI dans leurs pays même si ces derniers leur retiraient leur nationalité. Mais il n’est pas clair comment la Turquie pourrait s’y prendre pour renvoyer une personne dans un pays dont elle ne serait plus techniquement une ressortissante.

Une offensive qui a affaibli la lutte contre Daesh

Longtemps soupçonnée d’avoir laissé les djihadistes traverser sa frontière pour rejoindre la Syrie après le début du conflit qui déchire ce pays depuis 2011, la Turquie, frappée par plusieurs attentats commis par l’EI, a rejoint en 2015 la coalition antidjihadiste.

Mais Ankara a été accusée ces dernières semaines d’affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de l’EI en lançant, le 9 octobre, une offensive contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG)​, fer de lance du combat contre l’organisation djihadiste.