Bolivie : Le président Evo Morales condamne l’humiliation subie par une de ses élues

CONTESTATION Plusieurs incidents ont éclaté depuis la réélection contestée, le 20 octobre, du président indigène Evo Morales à un quatrième mandat

20 Minutes avec AFP

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Evo Morales lors d'un meeting, le 16 octobre 2019.
Evo Morales lors d'un meeting, le 16 octobre 2019. — PEDRO UGARTE / AFP

Une maire bolivienne a reçu le soutien du président Evo Morales, jeudi, après avoir été couverte de peinture rouge et forcée à marcher pieds nus sur plusieurs kilomètres par une foule hostile au chef de l’Etat, dont la réélection est contestée.

« Toute ma solidarité avec notre sœur, la maire de Vinto, Patricia Arce, kidnappée et humiliée cruellement pour avoir exprimé et défendu ses idées et les plus pauvres », a écrit Evo Morales sur son compte Twitter.

« La Bolivie fait face à une vague de fascisme »

« Cela n’était jamais arrivé en démocratie, cela s’appelle le fascisme. Attaquer des femmes, les agresser à cause de leur condition ethnique. La Bolivie fait face à une vague de fascisme », a ajouté le vice-président Alvaro Garcia Linera, également membre du Mouvement vers le socialisme (MAS), actuellement au pouvoir. La scène est survenue mercredi après-midi à Vinto, ville du département de Cochabamba (centre), secouée comme une partie du pays par des incidents depuis la réélection contestée, le 20 octobre, du président indigène à un quatrième mandat.

Des manifestants ont fait irruption dans la mairie, sorti de force Patricia Arce de son bureau et mis le feu au bâtiment. Recouverte ensuite de peinture rouge, une partie des cheveux coupés, elle a été forcée à marcher pieds nus sur près de cinq kilomètres sous les insultes et les menaces, selon les images circulant sur les réseaux sociaux et les médias locaux. Ce n’est qu’au bout de plus d’une heure que l’édile a été secourue par les forces de l’ordre.

Trois morts dans les manifestations en Bolivie

La maire était jeudi en train de « se remettre » de cet incident, ont indiqué ses services au quotidien local Los Tiempos. « Les Nations unies déplorent la violence et le traitement inhumain subi par la maire de la localité de Vinto, ainsi que les agressions visant d’autres femmes, hommes et enfants », a déclaré la représentation bolivienne de l’Onu dans un communiqué.

Par ailleurs, un étudiant de 20 ans est décédé mercredi des suites de blessures subies lors de violents affrontements entre des manifestants de l’opposition et des partisans des autorités à Cochabamba. Les manifestations qui secouent la Bolivie depuis le 20 octobre ont fait trois morts et quelque 200 blessés.