Brésil: Lula proche de la sortie de prison

NOUVELLE DONNE La décision de la Cour suprême pourrait impliquer la libération de près de 5.000 autres détenus

20 Minutes avec AFP

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Des partisans de Lula célèbrent à Brasília le 7 novembre 2019 la décision de la Court suprême.
Des partisans de Lula célèbrent à Brasília le 7 novembre 2019 la décision de la Court suprême. — Eraldo Peres/AP/SIPA

L’ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, incarcéré depuis plus d’un an et demi pour corruption, pourrait sortir prochainement de prison à la faveur d’un arrêt rendu jeudi soir par la Cour suprême. Les magistrats de la plus haute juridiction du Brésil ont en effet mis fin à une jurisprudence selon laquelle une personne peut être emprisonnée avant l’épuisement de tous ses recours si sa condamnation a été confirmée en appel, considérant qu’elle était inconstitutionnelle.

La libération ne sera pas automatique

La décision des 11 juges de la Cour suprême était très attendue et a été obtenue, après de longs débats, sur un score serré de 6 à 5 voix, et pourrait impliquer la libération de près de 5.000 autres détenus. Ces libérations ne sont cependant pas automatiques, chaque juge d’application des peines étant tenu d’appliquer la décision de la Cour suprême au cas par cas.

Lula, qui purge une peine de 8 ans et 10 mois de réclusion pour corruption, a été incarcéré en avril 2018, peu après sa condamnation en appel, même s’il dispose encore de recours devant des tribunaux supérieurs.

Lula se dit victime d’un complot

Parmi les détenus qui pourraient être également élargis prochainement figurent des dizaines de personnes condamnées comme l’ex-président âgé de 74 ans dans le cadre de l’enquête anticorruption « Lavage Express ». Les procureurs chargés de cette enquête ont immédiatement affirmé que la décision de la Cour suprême allait à l’encontre « du sentiment de rejet de l’impunité » et de l’importance « du combat de la corruption, qui sont des priorités de notre pays ».

Lula a été accusé d’avoir bénéficié d’un triplex dans une station balnéaire proche de Sao Paulo en échange de l’octroi de contrats à une compagnie du BTP. Depuis sa cellule de la Police fédérale à Curitiba (sud), il n’a cessé de clamer son innocence, se disant victime d’un complot pour l’empêcher de revenir au pouvoir.

Gleisi Hoffmann, présidente du Parti des Travailleurs (PT), fondé par Lula en 1980, a célébré la décision de la Cour suprême considérant qu’elle avait « renforcé la démocratie et la Constitution, menacées par le gouvernement d’extrême droite » du président Jair Bolsonaro. Durant la campagne électorale, ce dernier n’avait pas caché son souhait de voir l’ex-président de gauche, sa bête noire, « pourrir en prison ». Jair Bolsonaro a d’ailleurs choisi pour ministre de la Justice Sergio Moro, ex-juge qui avait condamné Lula en première instance en juillet 2017.

Une libération de Lula rebattrait les cartes politiques au Brésil où l’opposition reste inaudible depuis l’entrée en fonction du président Bolsonaro. Le Parti des Travailleurs (PT) n’a en revanche pas enterré son chef historique et a toujours besoin de Lula, qui garde des millions de sympathisants, notamment dans le nord-est défavorisé, et n’a visiblement pas renoncé au combat politique.