Nucléaire iranien : La production d’uranium enrichi doit recommencer « à minuit » à Fordo

NUCLEAIRE Jusqu’ici, l’Iran avait accepté de geler ses enrichissements d’uranium à Fordo, à 180 km au sud de la capitale, conformément à l’accord conclu en 2015

20 Minutes avec AFP

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Une conférence de presse réunissait Behrouz Kamalvandi, le porte-parole du gouvernement Ali Rabiei, et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le 7 juillet 2019 pour déclarer la reprise de la fabrication de l'uranium enrichi.
Une conférence de presse réunissait Behrouz Kamalvandi, le porte-parole du gouvernement Ali Rabiei, et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le 7 juillet 2019 pour déclarer la reprise de la fabrication de l'uranium enrichi. — HAMED MALEKPOUR / TASNIM NEWS / AFP

A minuit ce mercredi, l’usine souterraine iranienne de Fordo va lancer la production d’uranium enrichi, a déclaré le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), cité par l’agence semi-officielle Isna. Dans la foulée, le ministre des Affaires étrangères allemand a exhorté Téhéran à revenir sur une décision « inacceptable ».

« Dans les prochaines heures, le processus d’injection du gaz [hexafluaorure d’uranium] dans les centrifugeuses actives sur le site de Fordo sera finalisé en présence des inspecteurs de l’Agence » internationale de l’énergie atomique (AIEA), a déclaré Behrouz Kamalvandi. Selon Isna, la production d’uranium enrichi serait « opérationnelle à partir de minuit ». L’Iran avait annoncé mardi la relance des activités d’enrichissement d’uranium qu’elle avait jusque-là accepté de geler à Fordo (à environ 180 km au sud de Téhéran) conformément à l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015.

L’Iran lutte contre les sanctions américaines

La mesure a été rendue publique au lendemain de l’expiration d’un délai donné par Téhéran aux signataires de l’accord sur le nucléaire iranien (Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) pour qu’ils l’aident à surmonter les conséquences du retrait unilatéral des Etats-Unis de ce pacte en 2018. Elle marque la quatrième phase du plan de réduction des engagements iraniens lancé en mai, en riposte au retrait américain. Par cette politique, Téhéran entend faire pression sur les autres pays pour qu’ils l’aident à contourner les sanctions rétablies par Washington après sa sortie du pacte, et qui asphyxient son économie.

« Ce que le président Rohani a annoncé n’est pas acceptable », a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, lors d’une conférence de presse à Berlin. Il a appelé « l’Iran à revenir sur toutes les mesures qu’il a prises depuis juillet et à respecter à nouveau pleinement ses engagements » internationaux.

Un « chantage nucléaire »

Washington a réagi à l’annonce de la reprise des activités d’enrichissement à Fordo en accusant l’Iran de poursuivre son « chantage nucléaire ». Le Kremlin a dit « observer avec préoccupation le développement de la situation », tandis que Paris, Londres et l’Union européenne ont appelé Téhéran à revenir sur sa décision. L’UE a exhorté la République islamique à s’abstenir de nouvelles mesures susceptibles de miner davantage l’accord de Vienne et de rendre encore « plus difficile » son sauvetage.

A Pékin jeudi, le président français Emmanuel Macron a jugé que l’Iran avait « décidé de sortir du cadre » de l’accord, « pour la première fois de manière explicite et […] non limitée ». C’est « un changement profond », a ajouté Emmanuel Macron : « J’aurai des discussions dans les prochains jours, également avec les Iraniens, et nous devons collectivement en tirer les conséquences ».