Mali : La France annonce la mort d’un important chef djihadiste au Sahel

DJIHADISME Les forces françaises ont tué le Marocain Abou Abderahman al Maghrebi, alias Ali Maychou

20 Minutes avec AFP

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Des soldats de la force Barkhane au Mali le 21 avril 2019 (illustration).
Des soldats de la force Barkhane au Mali le 21 avril 2019 (illustration). — Laurence Geai/SIPA

Il était considéré comme le numéro deux et leader religieux du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), organisation djihadiste reliée à Al-Qaida. Le Marocain Abou Abderahman al Maghrebi, alias Ali Maychou, a été tué par les forces françaises au Mali début octobre, a annoncé mardi la ministre française des Armées, Florence Parly.

Le djihadiste a été tué « dans la nuit du 8 au 9 octobre » sur le sol malien en coordination avec les forces maliennes et un soutien américain, a-t-elle précisé dans l’avion qui la ramenait d’une tournée dans plusieurs pays de la région du Sahel, où quelque 4.500 militaires français sont déployés dans le cadre de l’opération antidjihadiste Barkhane.

"Le deuxième terroriste le plus recherché au Sahel"

Selon la ministre, ce Marocain était "le deuxième terroriste le plus recherché au Sahel - y compris par les Américains". Il avait rejoint Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) en 2012. Il en était devenu le leader spirituel avant de participer à la fondation du GSIM en 2017 avec Iyad ag Ghali, le numéro un de l'organisation dont il était le plus proche fidèle (et qui est en tête de la liste des personnes recherchées). 

Le GSIM a revendiqué les attaques récentes fin septembre début octobre contre les forces maliennes à Boulkessy et Mondoro avec 40 militaires tués. Le groupe a aussi revendiqué l'attentat de Ouagadougou de mars 2018 (8 morts). 

Deuxième membre du GSIM tué cette année

Cerveau de l'expansion d'Al Qaïda au Sahel, artisan de l'unité des katibas du sud au sein du GSIM, Ali Maychou est le deuxième personnage d'importance du GSIM tué cette année, après la mort de l'Algérien Djamel Okacha, alias Yahya Abou El Hamame en février. "Il s'agit de la neutralisation d'un personnage très influent", a déclaré à l'AFP Florence Parly, au lendemain de sa visite au Burkina Faso, où elle a rencontré des forces spéciales françaises.

"Il est très important de désorganiser ces mouvements en profondeur", a souligné la ministre, "mais cela ne signifie pas que ces mouvements s'autodétruisent en parallèle". "Il faut continuer ce travail de contre terrorisme mais ce n'est qu'un élément" de la tâche à accomplir pour sécuriser les pays du Sahel, a-t-elle rappelé en mentionnant l'importance d'accompagner les forces armées locales pour qu'elles gagnent en autonomie.

La situation sécuritaire s'est dégradée

"La véritable victoire sera celle des armées sahéliennes", a fait valoir la ministre des Armées alors que la situation sécuritaire dans la zone est fortement dégradée. La nouvelle de cette élimination intervient quelques jours après la mort d'un soldat français dans le nord-est du Mali, tué par un engin explosif. Le groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), autre organisation djihadiste active au Mali, a revendiqué cette attaque, de même que celle d'un camp militaire du Nord du pays où 49 soldats ont été tués vendredi (deux autres sont morts samedi tués par une explosion dans le centre).

Malgré la présence des forces française, africaine et onusienne, la dégradation de la situation sécuritaire et les revers subis renforcent les doutes sur la capacité de l'armée malienne à faire face aux agissements djihadistes et aux autres violences auxquelles cet vaste pays est en proie depuis 2012 et qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants.