Procédure d'« impeachment » : Le chef de cabinet Trump convoqué, un diplomate reconnaît des contreparties sur l'aide à l'Ukraine

ETATS-UNIS Sauf surprise, Mick Mulvaney, qui a plombé le président américain en évoquant l'aide à l'Ukraine, devrait boycotter cette audition

P.B. avec AFP

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Le chef de cabinet de la Maison Blanche, Mick Mulvaney, le 17 octobre 2019.
Le chef de cabinet de la Maison Blanche, Mick Mulvaney, le 17 octobre 2019. — Evan Vucci/AP/SIPA

Ils ont des questions à lui poser. Le directeur de cabinet de Donald Trump a été convoqué pour témoigner ce vendredi dans l’enquête d’impeachment menée par les démocrates du Congrès américain. Mais alors que la Maison Blanche dénonce une « mascarade » et refuse de coopérer, Mick Mulvaney devrait sauf surprise boycotter l’audition.

L'« enquête a révélé que vous avez pu être directement impliqué dans la tentative, orchestrée par le président Trump, son agent personnel Rudolph Giuliani, et d’autres » de faire pression sur l’Ukraine pour qu’elle enquête sur son rival démocrate Joe Biden, ont écrit mardi les chefs démocrates chargés de l’enquête à la Chambre des représentants.

Parallèlement, l’ambassadeur Gordon Sondland, longtemps proche allié de Donald Trump, a modifié son premier témoignage, reconnaissant qu’il y avait bien eu un quid pro quo (contreparties) sur l’aide américaine à l’Ukraine. Il a déclaré avoir expliqué à un proche conseiller du président ukrainien Volodomyr Zelensky que cette enveloppe d’aide militaire ne serait « sans doute » pas débloquée tant que l’Ukraine n’annoncerait pas publiquement qu’elle allait enquêter sur les affaires des Biden dans le pays. « J’ai présumé que la suspension de l’aide avait été liée à une déclaration suggérée (par des proches de M. Trump) contre la corruption » et qui mentionnerait l’entreprise employant Hunter Biden, le fils de Joe Biden, a-t-il déclaré le 17 octobre.

« Je voudrais que vous nous fassiez une faveur »

Il y a deux semaines, Mick Mulvaney avait déjà plombé Donald Trump devant les journalistes. Le chief of staff avait affirmé que le gel de l’aide américaine à l’Ukraine – décidé avant le coup de fil du président américain à son homologue ukrainien – était notamment lié au désir de la Maison Blanche de voir Kiev enquêter sur l’élection de 2016, sur le piratage des serveurs du parti démocrate.

Pour les démocrates, pas de doutes, Mulvaney a avoué Washington a fait pression sur Kiev via ce chantage financier. Face à la polémique, le chef de cabinet avait effectué un rétropédalage quelques heures plus tard, affirmant qu’il n’y avait pas eu de « quid pro quo » (contrepartie) quand Trump a demandé à Zelensky : « Je voudrais que vous nous fassiez une faveur. »

Mick Mulvaney est le plus haut responsable de la Maison Blanche à recevoir une telle convocation. Les démocrates ont également convoqué l’ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton, qui était opposé à cette « shadow diplomacy » (diplomatie non-officielle) avec l’Ukraine, et qui a été limogé début septembre. Pour l’instant on ne sait pas si Bolton suivra les consignes de boycott de la Maison Blanche. Alors que les démocrates ont formalisé leur enquête via un vote solennel à la Chambre la semaine dernière, on devrait passer à des auditions publiques, devant les caméras de télévision, d’ici la fin du mois, pour une seconde étape