VIDEO. Brésil : Le militant indigène Paulo Paulino tué par des trafiquants de bois en Amazonie

MEURTRE Paulo Paulino faisait partie du groupe baptisé les « Gardiens de la forêt » qui tente de défendre les territoires indigènes

20 Minutes avec agences

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Brésil: Les derniers mots d'un défenseur de l'Amazonie, tué par les trafiquants de bois — 20 Minutes

Paulo Paulino, un militant indigène défenseur de la forêt amazonienne, a été tué ce vendredi 1er novembre dans une embuscade tendue par des trafiquants de bois dans le nord-est du Brésil. Un autre membre de la tribu des Guajajara a été blessé au cours de cette attaque survenue dans l’Etat du Maranhao, ont annoncé samedi les autorités régionales.

Ils « s’étaient éloignés du village pour aller chercher de l’eau quand ils ont été encerclés par au moins cinq hommes armés », a tweeté le secrétariat aux droits de l’homme du gouvernement du Maranhao.

Un « Gardien de la forêt »

Paulino et son compagnon, Laércio, faisaient partie d’un groupe baptisé les « Gardiens de la forêt » formé par les Guajajara, une tribu d’environ 14.000 âmes. Il compte plus de cent membres et tente de défendre les territoires indigènes menacés par l’exploitation illégale du bois et l’extension des surfaces agricoles.

Ils transmettent notamment les coordonnées GPS de zones où sont retrouvés des arbres abattus et viennent en aide aux pompiers luttant contre des incendies de forêt.

Selon l'ONG Survival International, Paulo Paulino Guajajara, connu également sous le nom de Kwahu Tenetehar, a été touché au cou par un coup de feu et est mort dans la forêt tandis que son compagnon Laércio (également connu sous le nom de Tainaky Tenetehar), atteint dans le dos par une balle, est parvenu à s’enfuir.

Les ONG dénoncent l’immobilisme du gouvernement

Le ministre brésilien de la Justice, Sergio Moro, a affirmé que la police enquêtait sur cet assassinat. « Nous ferons tout pour déférer devant la justice les responsables de ce grave crime », a-t-il tweeté.

Mais plusieurs ONG ont appelé ce dimanche les autorités brésiliennes à protéger les terres indigènes alors que le président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro préconise l'exploitation commerciale de ces zones. Pour Greenpeace, « Paulino et Laércio sont les dernières victimes d’un Etat qui se refuse à respecter ce que stipule la Constitution ».

Selon l’enquêtrice de Survival International, Sarah Shenker, qui s’est rendue en avril sur place, « le gouvernement brésilien doit accepter que protéger ces terres relève de sa responsabilité. Le fait qu’il ne le fasse pas, son absence là-bas, est la raison qui pousse les Gardiens à assumer cette défense, un travail très dur et dangereux », a-t-elle déclaré. « Cela fait des années que les Gardiens sont la cible de violences et de menaces de mort », a poursuivi Sarah Shenker.

« Il est temps d’arrêter ce génocide institutionnalisé »

Trois autres membres de ce groupe ont déjà été tués dans des attaques par le passé. « Il y a beaucoup d’impunité, les autorités n’ont pas la volonté de protéger les terres indigènes », a accusé l’enquêtrice de Survival International, d’après laquelle « des dizaines de guajajara » ont été « assassinés ».

« Il est temps d’arrêter ce génocide institutionnalisé. Cessez d’autoriser de verser le sang de notre peuple », a tweeté après l’annonce du meurtre Sonia Guajajara, la coordinatrice de l’Association des peuples indigènes du Brésil (APIB).

Selon des chiffres du Congrès missionnaire indien (Cimi, une association liée à l’Eglise catholique) cités par l’APIB, 160 intrusions de trafiquants de bois ou d'orpailleurs illégaux ont été recensées de janvier à septembre cette année, en hausse de 44 % par rapport au total de l’année 2018.