Etats-Unis : Un condamné à mort affirme que sa peine est liée à son homosexualité et tente d’obtenir un sursis

PEINE DE MORT Selon les avocats de Charles Rhines, un des membres du jury aurait refusé de le condamner à la réclusion à perpétuité car cela reviendrait à « l’envoyer où il rêve d’être », avec « des hommes en prison »

20 Minutes avec agences

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Charles Rhines doit être exécuté lundi 4 novembre 2019 dans le Dakota du Sud.
Charles Rhines doit être exécuté lundi 4 novembre 2019 dans le Dakota du Sud. — AP/SIPA

Charles Rhines, un Américain de 63 ans, doit être exécuté par injection létale ce lundi dans le Dakota du Sud (Etats-Unis) pour avoir tué un employé lors d’un cambriolage dans un magasin, il y a 27 ans.

Mais il estime que son procès a été entaché par les préjugés des jurés sur son homosexualité. Il tente désormais d’obtenir un sursis de dernière minute. Ses avocats ont introduit d’ultimes recours auprès de la Cour suprême. Ils lui demandent d’ordonner un réexamen du dossier sur la base de nouveaux témoignages qui, selon eux, attestent que leur client n’a pas eu un procès équitable.

« Beaucoup de discussions autour de son homosexualité »

D’après leur requête, un des membres du jury avait refusé de le condamner à la réclusion à perpétuité au motif que cela reviendrait à « l’envoyer où il rêve d’être », avec « des hommes en prison ». Un autre juré aurait confirmé qu’il y avait eu « beaucoup de discussions autour de son homosexualité », « beaucoup de dégoût ». « Des préjugés antigay n’ont aucune place quand il s’agit de condamner quelqu’un à la peine capitale », a ainsi déclaré dans un communiqué son avocat, Shawn Nolan.

La puissante association de défense des droits civiques ACLU lui a apporté son soutien. « Les gens doivent être punis pour ce qu’ils font, pas ce qu’ils sont », a encore souligné l’une de ses avocates, Ria Tabacco Mar, en citant le président de la haute Cour.

Un enregistrement de ses confessions ?

L’an dernier, la défense de Charles Rhines avait déjà demandé à la Cour suprême de se saisir de son dossier et d’en profiter pour élargir une de ses décisions, prise en 2017, qui permet de lever le secret des délibérations entre jurés en cas de forts soupçons de discrimination.

Les services du procureur général du Dakota du Sud avaient rétorqué que les jurés avaient décidé d’imposer la peine de mort à Charles Rhines après avoir entendu un enregistrement de ses confessions et non pas en raison de son orientation sexuelle. La haute Cour avait, sans fournir d’explication, refusé de se saisir du dossier.