Liban : Les manifestants se mobilisent après un rassemblement pro-pouvoir

CONTESTATION Des milliers de personnes ont envahi la place des Martyrs à Beyrouth, après que des soutiens de Michel Aoun se sont rassemblés sur la route du palais présidentiel

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants antigouvernement chantent des slogans à Beyrouh, le 3 novembre 2019.
Des manifestants antigouvernement chantent des slogans à Beyrouh, le 3 novembre 2019. — Bilal Hussein/AP/SIPA

Brandissant des drapeaux et réclamant la « chute du régime », plusieurs milliers de personnes ont envahi dimanche les rues de Beyrouth et d’autres grandes villes libanaises.

Dans la soirée, la place des Martyrs, au cœur de Beyrouth, était noire de monde. Les manifestants ont afflué par milliers avec leurs drapeaux et leurs pancartes. « Révolution ! », scandait l’un d’entre eux, salué par les vivats et les sifflements de la foule qui reprend en chœur les principaux slogans du mouvement, accompagnée par les rythmes d’une musique électro et les applaudissements. « Le peuple veut la chute du régime », « Tous veut dire tous », ont crié les autres.

« Nous sommes tous unis face aux chefs qui nous dirigent depuis 40 ans mais qui n’ont rien changé dans ce pays », lance Abir Mourad, 37 ans, venue tout spécialement de Tripoli, grande ville du nord. « Nous sommes venus dire que la force du changement est désormais aux mains du peuple. »

Des rassemblements ont également eu lieu dans les deux grandes villes côtières du sud, Tyr, majoritairement chiite, et Saïda, majoritairement sunnite, d’après l’agence d’information libanaise.

« Réformiste et sincère »

Quelques heures plus tôt, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées en soutien au président Michel Aoun à Baabda, au sud-est de la capitale, sur la route menant au palais présidentiel.

« J’appelle tout le monde à l’union », a lancé Michel Aoun dans une courte allocution à l’intérieur du palais, s’adressant à ses partisans mais aussi aux contestataires, refusant de voir se dérouler « une manifestation contre une autre manifestation ». « Nous avons mis en place une feuille de route » pour lutter contre la corruption, redresser l’économie et établir un Etat civil, a rappelé le président, avertissant que les réformes ne seraient pas « faciles à concrétiser ».

Des soutiens du président Michel Aoun, sur la route du palais présidentiel, le 3 novembre 2019.
Des soutiens du président Michel Aoun, sur la route du palais présidentiel, le 3 novembre 2019. - Hassan Ammar/AP/SIPA

La foule compacte s’étalait sur près de deux kilomètres, d’après un photographe de l’AFP. Certains participants brandissaient des drapeaux libanais et des étendards orange, couleur du parti de Michel Aoun, le Courant patriotique libre (CPL). D’autres exhibaient des portraits du président de 84 ans. « Le général Aoun est un homme réformiste et sincère, ce n’est ni un corrompu ni un voleur, nous sommes là pour lui dire "on est avec toi et on restera avec toi quoi qu’il arrive" », a confié à l’AFP une manifestante, Diana.

Le soulèvement a entraîné mardi dernier la démission du Premier ministre Saad Hariri et de son gouvernement, qui continue toutefois de gérer les affaires courantes. Il s’agissait d’une des demandes des contestataires, qui réclament une nouvelle équipe ministérielle composée de technocrates.

Pendant près de deux semaines le Liban est resté quasi-paralysé. Mais le pays a retrouvé ces derniers jours un semblant de normalité avec la réouverture des banques et des écoles, faisant craindre un essoufflement de la contestation.