Le président bulgare dénonce des propos « de bas étage » d'Emmanuel Macron sur le travail détaché

INCIDENT DIPLOMATIQUE Emmanuel Macron a critiqué la Bulgarie et le travail détaché dissimulé dans son entretien à « Valeurs actuelle », cette semaine

20 Minutes avec AFP
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Le président bulgare, Roumen Radev, et Emmanuel Macron, à l'Elysée, en 2017.
Le président bulgare, Roumen Radev, et Emmanuel Macron, à l'Elysée, en 2017. — LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

Le président bulgare Roumen Radev a dénoncé dimanche les propos « de bas étage » de son homologue français Emmanuel Macron à propos de « filières bulgares clandestines » de travailleurs en France. Le président français « a clairement fait état de ses ambitions de leadership européen, mais ses idées auront du mal à se réaliser s’il s’exprime de manière aussi peu nuancée », a déclaré à la presse Roumen Radev. Les propos d’Emmanuel Macron ressemblent à une « opération de communication intérieure », a-t-il ajouté.

De son côté, le Premier ministre bulgare Boïko Borissov a annoncé dimanche qu’il rencontrerait prochainement le président français. Samedi soir, Boïko Borissov avait indiqué sur Facebook qu’Emmanuel Macron l’avait contacté pour « confirmer son soutien à la Bulgarie » et l’assurer que ses propos avaient été mal interprétés. Dans un entretien mercredi au magazine français Valeurs actuelles, Emmanuel Macron avait dit « préférer avoir de la migration légale, enregistrée, sous quotas, pendant x années, plutôt que du travail détaché dissimulé ».

« Il nous faut reconnaître l’existence de passeurs au sein même de l’UE »

« Je préfère avoir des gens qui viennent de Guinée ou de Côte d’Ivoire légaux, qui sont là et qui font ce travail, [pour des secteurs comme le BTP et la restauration ayant besoin de main-d’œuvre étrangère] que des filières bulgares ou ukrainiennes clandestines », avait ajouté le président français. Appelée à réagir dimanche, la secrétaire d’État française aux Affaires européennes Amélie de Montchalin a rappelé le nécessaire travail commun visant à combattre les trafiquants actifs à la frontière orientale de l’Union européenne.

« Il nous faut reconnaître l’existence de passeurs au sein même de l’UE. Il y a des filières, des trafiquants humains qui génèrent beaucoup de profits pour eux-mêmes en exploitant la misère », a-t-elle déclaré à la radio Europe 1, la télévision CNews et au quotidien Les Échos. La Bulgarie est membre de l’UE depuis 2007. Elle ne participe pas encore à l’espace de libre circulation Schengen auquel elle aspire depuis une dizaine d’années.

Emmanuel Macron est régulièrement accusé par les nationalistes bulgares qui participent à la coalition gouvernementale de prêter peu d’attention aux intérêts de la Bulgarie, pays le plus pauvre de l’UE. Elle est parmi les pays d’Europe centrale et orientale ayant exprimé leur déception, après l’opposition de la France au lancement des négociations d’adhésion à l’UE de la Macédoine du Nord et de l’Albanie.