Algérie : Cinq candidatures validées pour la présidentielle du 12 décembre

SCRUTIN 23 dossiers avaient été déposés, seuls cinq, tous issus du sérail politique algérien, sont validés

20 Minutes avec AFP

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Le candidat à la présidentielle Ali Benflis, en juillet dernier.
Le candidat à la présidentielle Ali Benflis, en juillet dernier. — Toufik Doudou/AP/SIPA

L’autorité électorale algérienne a annoncé samedi avoir validé les dossiers de cinq candidats à l’élection présidentielle prévue le 12 décembre. Au total, 23 candidats avaient déposé leur dossier en vue de participer à ce scrutin destiné à trouver un successeur à Abdelaziz Bouteflika forcé à la démission début avril, après vingt ans au pouvoir, a précisé le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), Mohamed Charfi, lors d’une conférence de presse à Alger.

L’Anie est censée offrir des garanties de sincérité au scrutin. Désormais, le Conseil constitutionnel a sept jours pour rendre officielle la liste des candidats, après d’éventuels recours. Trois des candidats retenus ont travaillé sous l’autorité d’Abdelaziz Bouteflika : Ali Benflis, directeur de cabinet à la présidence puis Premier ministre, Abdelmaldjid Tebboune, plusieurs fois ministre puis Premier ministre, et Azzedine Mihoubi, ministre.

Globalement des figures du régime

Le quatrième candidat est Abdelkader Bengrina, ancien ministre du Tourisme (1997-1999) et ancien député d’Alger, issu d’un parti qui a soutenu Abdelaziz Bouteflika. Le cinquième, Abdelaziz Belaïd, a notamment fait partie d’organisations de jeunes qui ont aussi soutenu l’ancien président. L’élection du 12 décembre est rejetée par le mouvement de contestation inédit né fin février et sous la pression duquel Abdelaziz Bouteflika a été forcé par l’armée à démissionner à deux semaines de la fin de son quatrième quinquennat. Le pouvoir a dû annuler, faute de candidats, un premier scrutin prévu le 4 juillet.

Ali Benflis, 75 ans, se présente depuis quinze ans comme le principal opposant d’Abdelaziz Bouteflika, dont il fut chef du gouvernement en 2000. Limogé en 2003, il est candidat contre Abdelaziz Bouteflika l’année suivante, puis en 2014. Il arrive à chaque fois deuxième, très loin derrière un président réélu avec plus de 80 % des voix. Ancien secrétaire général du Front de libération nationale, il a fondé le Parti avant-garde des libertés.

Soutiens devenus opposants

De son côté, Abdelmaldjid Tebboune, 73 ans, a été haut fonctionnaire, puis plusieurs fois wali (préfet) avant d’être nommé ministre de la Communication d’Abdelaziz Bouteflika à son arrivée au pouvoir en 1999. Ce dernier le rappelle au gouvernement en 2012 et lui en confie la tête en mai 2017, avant de le limoger trois mois plus tard sur fond de lutte de clans dans son entourage. Abdelmaldjid Tebboune se définit comme candidat « indépendant ».

Azzedine Mihoubi, 60 ans, dirige depuis quelques mois le Rassemblement national démocratique (RND), pilier de la coalition ayant soutenu Abdelaziz Bouteflika durant sa présidence. Il était son ministre de la Culture jusqu’en mars. Abdelkader Bengrina, représente El-Bina (Construction), petit parti membre d’une coalition islamiste, dont l’un des députés a été élu en septembre à la présidence de l’Assemblée nationale. Abdelaziz Belaïd, ancien cadre du Front de libération nationale (FLN) a fondé le Front El-Moustakbel, micro-parti proche du pouvoir.