Des manifestants de tout le Liban rallient Tripoli

CONTESTATION La ville du nord a vu affluer des milliers de manifestants, alors que la mobilisation s’essouffle dans la capitale Beyrouth

20 Minutes avec AFP

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Un manifestant à Beyrouth, le 25 octobre 2019.
Un manifestant à Beyrouth, le 25 octobre 2019. — Alfred Photos/SIPA

Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi soir à Tripoli, grande ville du nord du Liban, qui a attiré des protestataires venus des quatre coins du pays pour une mobilisation sous le signe de l’union.

Depuis le 17 octobre, des manifestations massives se tiennent au Liban contre une classe dirigeante jugée corrompue et incompétente. Elles ont paralysé le pays pendant près de deux semaines.

Ces derniers jours, un retour à la normale a été amorcé avec la réouverture des banques et des écoles. Mais tandis qu’à Beyrouth, la mobilisation a reculé, elle est restée intacte à Tripoli. Samedi soir, sur la place Al-Nour de cette ville majoritairement sunnite, plusieurs milliers de manifestants se sont regroupés exhibant des drapeaux libanais et brandissant leur téléphone portable pour illuminer le lieu, avant d’entonner l’hymne national.

Tripoli, « longtemps marginalisée »

« Je suis venu à Tripoli pour me tenir à leurs côtés parce qu’ils sont les seuls à continuer la révolution », s’enthousiasme le trentenaire Gharid Chehayeb, un habitant de la ville majoritairement druze d’Aley. Un manifestant brandissait une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Tous veut dire tous », en référence à toute la classe politique dont les contestataires exigent le départ. Leïla al-Fadl, 50 ans, est venue de la ville majoritairement chiite de Nabatiyé, dans le sud du pays. « Notre sentiment c’est que les demandes sont les mêmes, les souffrances sont les mêmes, l’espoir est le même ». « Tripoli a longtemps été marginalisée », déplore-t-elle, alors que 57 % des ménages y vivent juste au niveau ou sous le seuil de pauvreté, d’après l’ONU.

Mardi, le Premier ministre Saad Hariri a annoncé la démission de son gouvernement. Les manifestants réclament la formation d’une nouvelle équipe ministérielle composée de technocrates. Ils ont également demandé le départ du président Michel Aoun et la dissolution du Parlement.

« Aujourd’hui, nous attendons un gouvernement de technocrates », réclame Fahmy Karamé, 49 ans, qui exige des autorités « une solution rapide à la crise économique ». « Le mouvement va se poursuivre jusqu’à ce que toutes nos demandes soient réalisées », martèle-t-il.

Samedi soir, des rassemblements ont également été organisés à Saïda, ville sunnite du sud et au cœur de Beyrouth, sur la place des Martyrs, où plusieurs centaines de manifestants se sont réunis.