L'Iran dévoile de nouvelles fresques antiaméricaines à l'ex-ambassade des Etats-Unis

ART MURAL Ces peintures « commémorent » la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran de 1979, acte fondateur de la République islamique

B.Ch. avec AFP

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Une femme passe à côté d'une fresque anti-américaine sur l'ancien bâtiment de l'ambassade américaine à Téhéran (Iran)
Une femme passe à côté d'une fresque anti-américaine sur l'ancien bâtiment de l'ambassade américaine à Téhéran (Iran) — ATTA KENARE / AFP

Les autorités iraniennes ont dévoilé samedi matin de nouvelles fresques antiaméricaines sur les murs de l’ex-ambassade des Etats-Unis à Téhéran, à deux jours du 40e anniversaire de la prise d’assaut de ce bâtiment. Les nouvelles peintures murales ont été présentées à la presse par le général de division Hossein Salami, chef des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.

Réalisées sur des panneaux le long du mur d’enceinte de l’ex-représentation diplomatique, dans le centre de la capitale iranienne, les nouvelles fresques ont été réalisées par des étudiants du Bassidj, mouvement paramilitaire de volontaires islamiques. Elles dénoncent « l’arrogance » des Etats-Unis et caricaturent une Amérique violente, assoiffée de guerre pour asseoir son emprise sur le monde, mais malgré tout faible ou en déclin en dépit de son arsenal militaire.

Des fresques chargées en symboles et références

Les artistes ont recouru essentiellement au bleu, au blanc et au rouge, couleurs du drapeau américain. Un des panneaux dépeint une Statue de la Liberté démembrée, en ruines. Une autre peinture montre le triangle de l’œil de la Providence, symbole présent au verso des billets de un dollar des Etats-Unis, en train de sombrer dans une mer de sang…

Une troisième peinture représente le drone américain abattu en juin par l’Iran dans les environs du détroit d’Ormuz et dont s’échappent des chauves-souris. Cette œuvre répond à une autre montrant l’Airbus d’Iran Air abattu par un navire de guerre américain au-dessus du Golfe le 3 juillet 1988 et dont s’échappent de blanches colombes. 290 personnes ont trouvé la mort dans cette tragédie, présentée par Washington comme une « erreur » et pour laquelle l’Iran exige des excuses officielles.

Nouvelles peintures, vieilles rancœurs

Dans son discours d’inauguration, le général Salami a accusé les Etats-Unis d’être à ce jour le seul pays à avoir eu recours à l’arme atomique (par deux fois, contre le Japon, en août 1945) et de chercher à empêcher les autres pays, en particulier l’Iran, de bénéficier de la « technique du nucléaire civil ». L’officier a aussi accusé les Etats-Unis de mentir lorsqu’ils se présentent en défenseurs de la démocratie et des droits humains alors qu’ils soutiennent selon lui presque « tous les dictateurs » de la planète.

Téhéran s’apprête à marquer lundi le quarantième anniversaire de la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran, acte fondateur de la République islamique qui continue d’empoisonner ses relations avec les Etats-Unis. D’anciennes fresques antiaméricaines avaient été effacées fin septembre pour laisser place aux nouvelles.