Haïti: Deux morts en marge de manifestations à Port-au-Prince

FAITS DIVERS Des manifestations émaillent le pays depuis deux mois pour exiger la démission du président Jovenel Moïse

20 Minutes avec AFP

— 

Tension accrue dans le quartier de Cité Soleil, après la mort d'un homme dont le meurtrier présumé a été lapidé à mort par des manifestants opposés au gouvernement, à Port-au-Prince, en Haïti, le 27 octobre 2019.
Tension accrue dans le quartier de Cité Soleil, après la mort d'un homme dont le meurtrier présumé a été lapidé à mort par des manifestants opposés au gouvernement, à Port-au-Prince, en Haïti, le 27 octobre 2019. — Jean Marc Herve Abelard/E/SIPA

Un homme a été tué par balle et un autre lynché dimanche à Port-au-Prince en Haïti en marge de manifestations de policiers réclamant de meilleurs salaires et d’opposants politiques exigeant la démission du président Jovenel Moïse, a-t-on indiqué de source officielle.

« Un individu non identifié a été tué par balle, la population en colère a mis le feu à son agresseur », a déclaré la police haïtienne dans un communiqué dimanche soir. Plusieurs policiers ayant manifesté en civil ont tiré en l’air en croisant le cortège des opposants politiques. Des salves de gros calibre ont ensuite été tirées par des individus non identifiés.

Les ambassades canadienne et française fermées

A la suite de ces incidents, des commerces ont été incendiés et des pneus en flammes ont été placés devant l’entrée de l’ambassade canadienne, sans causer de dégâts majeurs. La mission diplomatique canadienne, qui se trouvait sur le parcours, est accusée, comme d’autres missions diplomatiques occidentales à Haïti, de soutenir le président Moïse.

Sur Twitter, les ambassades canadienne et française en Haïti ont annoncé la fermeture ce lundi de leurs sections consulaires. « Ces tirs, ces meurtres, cet incendie criminel et cette destruction causent du tort aux citoyens haïtiens mais aussi ils augmentent l’instabilité économique et sociale », a tweeté l’ambassade des États-Unis.

« Nos salaires sont misérables »

Avant ces troubles, plusieurs centaines de policiers et d’Haïtiens solidaires de leurs revendications ont manifesté pour de meilleurs salaires pour les forces de l’ordre, et ont porté leurs revendications au siège de la direction générale de la police nationale d’Haïti (PNH). « Nos salaires sont misérables. On n’a pas d’assurance : on a une carte d’assuré mais à chaque hôpital où l’on va, on doit payer » a affirmé, sous couvert d’anonymat, un policier.

Depuis deux mois, des manifestations sont régulièrement organisées dans la capitale haïtienne pour exiger la démission du président.