Eglise catholique : Les évêques d’Amazonie recommandent d’ouvrir la prêtrise aux hommes mariés

FORET VIERGE Aussi, des femmes pourraient se voir offrir certains ministères officiellement, dans cette région où l’Eglise cherche à renforcer sa présence

20 Minutes avec AFP

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Le synode s'est réuni plusieurs semaines au Vatican.
Le synode s'est réuni plusieurs semaines au Vatican. — Grzegorz Galazka/SIPA

Les évêques d’Amazonie ont demandé samedi au pape d’ouvrir la prêtrise aux hommes mariés et d’envisager que des femmes soient diacres, deux sujets tabous pour les catholiques traditionalistes. Après trois semaines d’une assemblée d’évêques et cardinaux (synode) consacrée aux problèmes écologiques et humains de l’Amazonie, le pape a promis de se prononcer « avant la fin de l’année » par un texte sur ces problématiques.

Le synode a réuni au Vatican 184 évêques, dont plus de 60 % venus des neuf pays d’Amazonie. Il a notamment préconisé de « définir le péché écologique contre Dieu, contre son prochain, la communauté et l’environnement ». « C’est un péché contre les générations futures », qui se manifeste « par des actes et des habitudes de pollution et de destruction de l’harmonie de l’environnement », ajoute le texte.

De la « créativité »

Il a aussi demandé plus de « créativité » pour renforcer la présence catholique en Amazonie avec de nouvelles fonctions dans l’Eglise pour les hommes et les femmes. De ce point de vue, les « pères synodaux » ont fait des propositions audacieuses. Comme la possibilité d’ordonner prêtres des hommes ayant une vie maritale stable (les « viri probati »), reconnus par la communauté, mais qui devront être d’abord diacres et recevoir ensuite une formation adéquate.

Il ne serait pas nécessaire de réécrire le droit canon mais d’adresser au pape une demande de « dispense », similaire à celles accordées aux pasteurs anglicans mariés convertis au catholicisme. En Amazonie, l’Eglise catholique est confrontée à un manque de prêtres itinérants pouvant célébrer la messe et donner la communion (sacrement essentiel de la doctrine chrétienne) dans des endroits très reculés de la forêt.

Pas de révolution

On est toutefois loin d’une révolution, puisque le document rappelle que le célibat des prêtres est « un don de Dieu ». Le synode demande également la reconnaissance officielle par l’Eglise du rôle joué par les femmes laïques pour propager la foi en Amazonie : « Il est urgent pour l’Eglise en Amazonie de promouvoir et de conférer des ministères pour les hommes et les femmes d’une manière équitable ».

Outre des fonctions spécifiques pour les femmes, les évêques ont demandé au pape de relancer les réflexions sur le « diaconat permanent » des femmes, actuellement réservé aux hommes. Les diacres sont ordonnés pour prononcer le sermon à la messe, célébrer baptêmes, mariages et funérailles.

Les deux tiers des communautés autochtones sans prêtres sont guidées par des femmes, ont martelé de nombreux religieux d’Amazonie. Ces propositions du synode représentent un casus belli pour les évêques conservateurs, mais le pape a demandé samedi aux évêques de ne pas devenir « prisonniers » de groupes chrétiens se prenant pour « l’élite ».

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