Ils font l'Amérique: «Je me demande s'ils sont démocrates ou communistes!»

INTERVIEW Eric, un jeune républicain de l'Iowa, va voter pour la première fois...

Propos recueillis par Philippe Berry

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Eric Rossow, un jeune républicain de l'Iowa
Eric Rossow, un jeune républicain de l'Iowa — DR
De notre correspondant à Los Angeles

A l'occasion de l'élection présidentielle, 20minutes.fr dessine le portrait des Etats-Unis au travers de ses habitants. Aujourd’hui, Eric Rossow, étudiant en sciences politiques et président des Jeunes républicains de sa fac, dans l'Iowa, qui va voter pour la première fois.

 

Interview réalisée le 16 octobre

 

 

Etre républicain sur le campus, pas facile?

Non. Mais j’aime l’Amérique chaque jour un peu plus, et je crois vraiment que le parti républicain est le mieux placé pour défendre notre pays et protéger nos libertés. C’est pour ça que je me suis engagé. C’est dur sur le campus, mais il y a plus de républicains qu’on ne le croit. Après, on me regarde souvent de travers et on me dit parfois «d’aller me faire foutre». Les démocrates se disent tolérants, mais les libéraux (au sens américain, c'est-à-dire démocrates, ndlr) de l’Iowa sont les plus malpolis et irrespectueux que j’aie jamais rencontrés. Je me demande souvent si ce sont des démocrates et pas des communistes. J’ai des amis démocrates, et on débat souvent. Mais quand ça chauffe trop, on arrête, car on sait que personne ne changera l’opinion de l’autre.

 

Un mot sur l’Iowa. Le groupe Slipknot se plaignait qu’il n'y ait pas grand-chose à faire pour les jeunes...

L’Iowa est un lieu à part. Ici, les gens sont simples. Authentiques. Et oui, il n’y a peut-être pas autant de distractions qu’ailleurs, mais si vous cherchez, vous trouvez.

 

 

Vous allez voter pour la première fois. Qu’est-ce que cela représente? Quels critères comptent le plus pour votre choix?

Pouvoir voter représente ce qu’il y a de meilleur en Amérique. La voix de chacun compte pour choisir nos leaders. Si tu ne votes pas, tu n’as pas le droit de te plaindre. Dans cette élection, je vais voter pour quelqu’un qui a toujours tout donné pour son pays et toujours combattu pour le rendre meilleur. Quelqu’un qui ne reste pas sur le côté ou fait ami-ami avec des terroristes domestiques (controverse Obama/William Ayers, ndlr), ou des pasteurs radicaux (Jeremiah Wright, ndlr). Je vais voter pour quelqu’un qui croit en l’Amérique, qui n’augmentera pas nos impôts, qui défendra notre pays et ne se rendra jamais. Pas pour quelqu’un qui sert la soupe de son parti et change d’avis quand c’est opportun. La différence sautait aux yeux lors du dernier débat, mercredi soir.

 

 

Votre description ressemble à George W. Bush. Les Etats-Unis ont pourtant déjà été plus en forme que ces huit dernières années...

Le président Bush est un leader, qui ne tremble pas dans la tempête, fidèle à ses convictions. Il a géré la guerre du mieux qu’il a pu. Le surge (envoi de troupes supplémentaires, ndlr) en Irak a marché. Les Irakiens ne vivent plus sous le joug d’un dictateur qui tuait ses propres compatriotes. Et il faut espérer que tout ça sera le point de départ vers plus de démocratie au Moyen-Orient.

Pour l’économie, ce n’est pas de la faute de Bush. C’est l’avidité des gens à Wall Street. Il faut mettre fin à la corruption et que les barons de la finance rendent des comptes pour toutes ces pratiques frauduleuses.

 

 

Et Sarah Palin sera la candidate idéale pour ça? Même pour devenir présidente si le pire arrivait à McCain?

Sarah Palin est la meilleure chose qui nous soit arrivée. Elle a gonflé à bloc notre base. Elle sait ce que c’est que d’être un Américain moyen. Elle pense comme moi. Elle a toujours combattu pour ce en quoi elle croit, s’est élevée contre les injustices. Et surtout comment les réparer. Elle va devenir une star de notre parti.