Au Pérou, une fresque érotique d'inspiration pré-colombienne fait scandale

SEXY FOLIES « Le sexe est un cadeau de Dieu, ce n’est pas tabou », a justifié le maire face aux plaintes

20 Minutes avec AFP

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Une céramique de la culture Mochica.
Une céramique de la culture Mochica. — Silvia Izquierdo/AP/SIPA

Peut-être était-ce un appel à booster le taux de natalité au Pérou. En tout cas, la reproduction d’une fresque précolombienne représentant des positions érotiques sur les murs d’une ville du nord du pays indigne certains habitants qui exigent que l’œuvre soit détruite. A Moche, dans le nord du pays, la fresque en relief de sept mètres de long sur quatre de large, réalisation de l’artiste Pedro Durand, reprend les motifs de poteries précolombiennes montrant trois couples faisant l’amour en diverses positions.

« Ce sont des images pornographiques. Il y a beaucoup d’enfants ici. Il faut les retirer, le maire doit intervenir », s’indigne une femme en passant devant la fresque installée à un coin de rue de cette ville de la vallée de Moche, berceau de la culture millénaire Mochica, entre le Ier et le VIIIe siècle. « Je n’aime pas ça. On est à côté d’un collège. Des enfants passent ici tous les jours. Ça n’est pas éducatif », abonde une autre passante.

Le maire reste ferme

« Qu’ils veuillent arranger les rues de Moche avec de la culture, d’accord, mais ces images sont inappropriées », estime une internaute, Emili Gonzales, sur Facebook.

Le maire, Arturo Fernandez, balaye d’un revers de la main ces critiques : « Le sexe est un cadeau de Dieu, ce n’est pas tabou ». « Les Moches, avec beaucoup de transparence, ont donné du relief à l’art pour parler de leurs activités quotidiennes : l’artisanat, l’agriculture, et aussi la partie sexuelle », ajoute-t-il.

Les historiens estiment que de nombreuses céramiques érotiques ont été détruites après l’arrivée des Espagnols au Pérou, en 1532, sous l’influence directe de l’Église catholique et surtout de la Sainte Inquisition.