Bolivie : Evo Morales clame sa victoire mais laisse la porte ouverte à un éventuel second tour

ELECTION L’élection présidentielle s’est tenue dimanche dans le pays

20 Minutes avec AFP

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Evo Morales lors d'un meeting, le 16 octobre 2019.
Evo Morales lors d'un meeting, le 16 octobre 2019. — PEDRO UGARTE / AFP

Ce jeudi, en Bolivie, le président sortant Evo Morales a revendiqué sa victoire à la présidentielle de dimanche. Le chef d’Etat a néanmoins laissé la porte ouverte à un éventuel second tour si les résultats définitifs allaient dans ce sens.

« Nous avons gagné au premier tour », a lancé le président sortant lors d’une conférence de presse, affirmant que le décompte officiel portant sur 98 % des bulletins lui donnait 46,83 % des voix, contre 36,7 % à Carlos Mesa. Soit un écart supérieur aux 10 points de pourcentage nécessaires pour l’emporter dès le premier tour.

Un dépouillement qui fait polémique

« Si nous ne gagnons pas avec 10 points de pourcentage d’écart, nous respecterons » le résultat, « s’il faut aller au second tour, nous irons », a déclaré le chef de l’Etat, alors que le dépouillement du scrutin fait polémique. Alors que le résultat officiel n’est toujours pas connu, la tension va croissant dans le pays. Le président sortant, âgé de 59 ans, qui brigue un quatrième mandat, s’était dit mercredi sûr de l’emporter face à Carlos Mesa, 66 ans, qui réclame un second tour et dénonce une manipulation du scrutin.

Au fil du dépouillement, l’écart entre les deux principaux candidats évoluait très légèrement. Jeudi à 10H00 (14H00 GMT), la page Internet du Tribunal suprême électoral (TSE) faisait état d’un décompte portant sur 98,61 % des bulletins et donnant 46,88 % à M. Morales contre 36,66 % à M. Mesa, soit un écart supérieur à 10 points. Pour éviter un second tour, le candidat en tête doit obtenir la majorité absolue ou au moins 40 % des suffrages et 10 points d’avance sur le deuxième.

La grève générale, un « coup d’Etat » pour Evo Morales

Mercredi, une grève générale a été émaillée d’incidents entre partisans des deux camps, notamment à La Paz et à Santa Cruz, capitale économique de la Bolivie et bastion de l’opposition, dans l’est du pays, d’où est partie la grève générale. « Ce mouvement va durer jusqu’à ce qu’on nous confirme le second tour », a lancé à la foule Luis Fernando Camacho, le président de l’influent Comité Pro-Santa Cruz, une organisation conservatrice rassemblant commerçants, entrepreneurs et simples citoyens, qui avait appelé à la grève.

Une partie des Boliviens, qui dénonce une « autocratie », n’a pas digéré la décision de Evo Morales, au pouvoir depuis 2006, de briguer un quatrième mandat, alors que les électeurs s’étaient prononcés contre à l’occasion d’un référendum en 2016. Le chef de l'Etat, premier indigène à la tête de la Bolivie, a qualifié la grève générale de «coup d'Etat» ourdi par la droite. Il a appelé ses partisans à la mobilisation.