Crise à Hong Kong : Pékin chercherait à remplacer la cheffe du gouvernement local

REMPLACEMENT Carrie Lam fait face une violente contestation pro démocratie depuis des mois

R.G.-V. avec AFP

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Carrie Lam est la cheffe de l’exécutif de Hong Kong.
Carrie Lam est la cheffe de l’exécutif de Hong Kong. — Carl Court/AP/SIPA

La Chine prévoit de remplacer la cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam, en difficulté après quatre mois de manifestations de plus en plus violentes dans le territoire autonome, a rapporté mercredi le journal Financial Times. En poste depuis mi-2017, Carrie Lam cristallise la colère des protestataires, dont la plupart réclament sa démission de la tête de Hong Kong, ex-colonie britannique rendue à la Chine en 1997.

Pékin offre jusqu’ici un soutien total à la dirigeante et dénonce les violences commises par les manifestants, qui exigent depuis juin davantage d’autonomie et de libertés civiles face à la mainmise jugée grandissante du gouvernement central. Mais selon le Financial Times, qui cite des personnes informées des délibérations en cours, les autorités centrales élaboreraient un plan pour la remplacer par un chef de l’exécutif « par intérim ».

Le retour au calme est préalable

Ces sources ont cependant déclaré au quotidien britannique que tout dépendait de la situation sur le terrain. Un retour à l’ordre serait un préalable à tout remplacement de Carrie Lam, afin de ne pas donner l’impression de céder aux violences. Après l’interdiction par les autorités, début octobre, du port du masque au cours des manifestations, Hong Kong a connu une flambée de violences, avec de nombreux actes de vandalisme.

Si le président chinois Xi Jinping valide le départ de Carrie Lam, son successeur à la tête de l’exécutif hongkongais devrait prendre ses fonctions en mars, affirme le Financial Times. Désignée par un comité acquis à Pékin pour diriger Hong Kong, Carrie Lam concentre la frustration des protestataires et ne bénéficie plus que d’un taux de soutien d’environ 22 % selon un récent sondage.

A noter tout de même que d’après un avocat local, Antony Dapiran, auteur de City of Protest : A Recent History of Dissent in Hong Kong, la procédure décrite dans le Financial Times pour remplacer la cheffe du gouvernement n’est pas celle effectivement prévue dans la loi.