L’application TikTok supprime des comptes qui partageaient des vidéos de propagande de Daesh

RESEAU SOCIAL Les vidéos montraient, entre autres, des cadavres exhibés dans les rues et des combattants de l’EI armés, selon le « Wall Street Journal », qui a révélé l’information ce lundi

20 Minutes avec AFP

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Illustration: Le drapeau de Daesh.
Illustration: Le drapeau de Daesh. — AP/SIPA

Une dizaine de comptes, qui postait des vidéos de propagande de l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), a été supprimée de l’application chinoise de partage de vidéos TikTok, a indiqué un de ses collaborateurs, ce mardi.

Propriété du groupe ByteDance, TikTok permet de partager des vidéos de quelques secondes et originales. Très populaire auprès des adolescents, elle compte près de 500 millions d’utilisateurs dans le monde.

« Absolument pas leur place sur TikTok »

Le collaborateur de TikTok a indiqué que 10 comptes avaient été supprimés car ils avaient publié du contenu lié à l’EI. « Seule une de ces vidéos avait, avant d’être retirée, un nombre de vues à deux chiffres », a tenu à souligner le salarié, qui a requis l’anonymat. Les vidéos montraient, entre autres, des cadavres exhibés dans les rues et des combattants de l’EI armés, selon le Wall Street Journal, qui a révélé l’information lundi.

Selon le quotidien américain, les messages provenaient d’une vingtaine de comptes, identifiés par l’agence Storyful, spécialisée dans les informations extraites des réseaux sociaux. « Les contenus promouvant les organisations terroristes n’ont absolument pas leur place sur TikTok », a indiqué l’entreprise. « Nous imposons une interdiction permanente à tout compte de ce type et à tout terminal auquel il est lié, dès lors que ceux-ci sont identifiés, et nous mettons continuellement en place des contrôles de plus en plus stricts afin de détecter de manière proactive les activités suspectes », a-t-elle souligné.

L’application a été empêtrée dans diverses controverses ces derniers mois

Le « califat » de l’EI en Irak et en Syrie est tombé en mars, mais l’organisation demeure active dans plusieurs pays au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie, et continue d’inspirer des djihadistes grâce à sa présence sur Internet. « Les messages de l’EI enfreignent les règles de TikTok, mais le volume considérable de contenus (diffusés par l’application) fait qu’il est difficile pour TikTok de surveiller sa plateforme et d’éradiquer ces vidéos », a déclaré Darren Davidson, le rédacteur en chef de Storyful.

L’application a été empêtrée dans diverses controverses ces derniers mois. En avril, TikTok, accusée de promouvoir la pornographie auprès des enfants, avait été brièvement interdite par un tribunal indien. Elle avait reçu fin février une amende de 5,7 millions de dollars de l’autorité américaine des télécommunications et de l’internet (FTC), qui lui reprochait de collecter illégalement les données personnelles de mineurs de moins de 13 ans. Des accusations réfutées par l’entreprise, qui dit respecter les réglementations locales.