« Gilets jaunes », manifestant donné pour mort… Le vrai du faux de la contestation au Chili

FAKE OFF Le pays est traversé par un mouvement de contestation, qui a déjà fait 15 morts, selon le gouvernement. De nombreuses images des manifestations circulent. « 20 Minutes » les décrypte

Mathilde Cousin

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Des soldats patrouillent dans les rues de Santiago, la capitale chilienne, le 19 octobre.
Des soldats patrouillent dans les rues de Santiago, la capitale chilienne, le 19 octobre. — Esteban Felix/AP/SIPA
  • Les manifestations qui secouent le Chili depuis cinq jours affichent un lourd bilan : 15 morts, selon le gouvernement.
  • De nombreuses images de rassemblements et de victimes circulent.
  • 20 Minutes trie le vrai du faux.

Déjà 15 morts. C’est le bilan de la contestation qui soulève le Chili depuis cinq jours, a annoncé mardi le gouvernement. De nombreuses images de manifestations et de victimes circulent. 20 Minutes s’est penché sur trois vidéos virales, pour faire le point sur le vrai du faux.

Qui sont ces « gilets jaunes » chiliens ?

Des « gilets jaunes » qui défilent au Chili ? La vidéo a été partagée plus de 1.300 fois sur Twitter depuis lundi. « Ces images de "gilets jaunes" ne sont pas en France, mais au Chili, où le peuple s’est révolté contre la classe dirigeante et les fortes fractures sociales, écrit le compte Anonyme Citoyen. Les affrontements ont déjà fait onze morts. » Les images ont également été reprises sur Facebook par une page partageant du divertissement et des images virales, avec la légende « le peuple chilien en gilet jaune, Santiago, capitale du Chili, ce jour »

Comme le souligne fake investigation, les images ont été tournées dans la ville de Concepción, à 500 km au sud de la capitale, Santiago. Le bâtiment du tribunal, visible dans la vidéo, est reconnaissable sur Google maps.

Cette vidéo montre des travailleurs portuaires qui manifestaient dans le centre-ville lundi. La manifestation s'est déroulée dans le calme, selon la presse locale. En 2017, avant que le mouvement des « gilets jaunes » ne naisse en France, ces mêmes dockers avaient déjà manifesté en portant des gilets jaunes. Difficile donc d’en conclure que leur tenue de lundi s’inspire du mouvement français. Le compte Anonyme Citoyen a reconnu avoir été « induit en erreur ».

Les internautes chiliens partagent également sur les réseaux sociaux des vidéos de personnes vêtues de gilets jaunes et, pour certaines, munies de bâtons. Il s’agit de Chiliens qui font des rondes dans leur quartier, par crainte de l’instabilité. Ils sont ainsi vêtus pour se repérer et se distinguer des contestataires, explique globovision. Certains d’entre eux ont même  acclamé des soldats à Villa Amena, une ville touchée par la contestation.

Des soldats qui transportent un manifestant mort ?

[Attention, des images peuvent choquer.] Des soldats portent un homme, torse nu, le pantalon déchiré. L’homme est visiblement blessé. La vidéo, devenue virale au Chili, a été relayée sur Twitter par le compte Aiphan Marcel. « Au Chili, l’armée assassine et fait disparaître des preuves », avance l’administrateur de ce compte.

La vidéo a été tournée à Colina, à une trentaine de kilomètres au nord de Santiago. En observant attentivement les images, on voit que les deux soldats sont aidés par deux hommes. Un des hommes porte l'uniforme du Samu de la ville. Sur la porte du véhicule, le symbole d’une ambulance est visible.

Selon La Tercera, la vidéo a été tournée dimanche. Un caporal de l’armée est soupçonné d’avoir tiré sur l’homme après que le procureur a alerté la brigade des homicides. Il est « le premier soldat accusé d’une attaque contre un civil », précise La Tercera. Quant au jeune homme, il a été blessé à l’aine. Il a été pris en charge dans une clinique et est en convalescence, indique La Tercera.

Un jeune homme abattu par balle

[Attention, des images peuvent choquer] Le procureur de la région de Maule a confirmé lundi soir la mort d’une personne attaquée par balle à Curicó, une ville de 150.000 habitants au sud de Santiago. L’auteur du coup de feu mortel serait un militaire, a précisé ce mardi le procureur. Une enquête est ouverte.

La victime du coup de feu mortel a été présentée sur les réseaux sociaux comme étant un jeune homme âgé de 25 ans. Une vidéo montrant un homme blessé au thorax circule. L’identité de la victime a été confirmée par le maire de la ville, qui a qualifié le décès de « fait lamentable ». Le procureur n’a pas confirmé l’authenticité de la vidéo, ni l’identité de la victime.

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