UE : Bruxelles demande des clarifications à la France et l’Italie sur leur budget 2020

ECONOMIE Selon l’Union européenne, les projets de plan budgétaire de la France et de l’Italie sont « en deçà de l’amélioration requise de 0,6 % du PIB »

20 Minutes avec AFP

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Illustration de la commission européenne à Bruxelles le 14 mars 2019
Illustration de la commission européenne à Bruxelles le 14 mars 2019 — ISA HARSIN/SIPA

Evoquant des « risques d’écart » avec les règles européennes, la Commission européenne a demandé, d’ici mercredi, des clarifications à la France et l’Italie sur leur projet de budget 2020. Le Commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, et le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, ont adressé une lettre, ce mardi, au ministre français des Finances, Bruno Le Maire, et à son homologue italien Roberto Gualtieri.

« Un effort structurel de 0,0 % du PIB »

Dans leur lettre, les deux commissaires ont critiqué le fait que « le projet de plan budgétaire prévoit un effort structurel de 0,0 % du PIB en valeur nominale ». En clair, si l’on ne tient pas compte des effets de la conjoncture, la France ne fait rien pour améliorer l’état de ses finances publiques.

« Or, cet effort - nul - est en deçà de l’amélioration requise de 0,6 % du PIB », ont ajouté Pierre Moscovici et Valdis Dombrovskis, rappelant les règles européennes contenues dans le Pacte de Stabilité et de Croissance des pays de la zone euro. « Le projet de plan budgétaire français ne respecterait pas non plus le rythme de référence de réduction de la dette en 2020 », ont déploré en outre les deux membres de la Commission.

Quatre autres pays dans le viseur de la Commission européenne

Pour l’Italie, c’est sa dette publique colossale – la deuxième, en ratio, plus élevée de la zone euro derrière la Grèce (180 %) – qui est pointée du doigt par Bruxelles. « Le projet de l’Italie ne respecte pas l’objectif de réduction de dette en 2020 », ont écrit les commissaires. Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a aussitôt réagi en promettant de « fournir toutes les clarifications à l’UE ».

« Nous ne sommes pas inquiets », a-t-il dit. « C’est un dialogue nécessaire avec Bruxelles auquel nous ne nous soustrairons pas », a-t-il ajouté. Quatre autres pays sont également dans le viseur de la Commission européenne pour leur projet de budget de l’an prochain, toutefois dans une moindre mesure : la Belgique, le Portugal, l’Espagne et la Finlande.